Marchés des céréales L’origine russo-ukrainienne reste incontournable malgré la crise

Terre-net Média

Les pays importateurs ne sont pas prêts à renoncer au blé d’Ukraine ou à moyen terme, à boycotter des achats de maïs russes par exemple. Ils n’ont pas les moyens de s’affranchir de céréales bon marché malgré les risques encourus.

Le tournesol est une alternative au maïs, très onéreux à produire en Ukraine.En Ukraine, le tournesol est une alternative au maïs, très onéreux à produire. (©Terre-net Média)

Les crises politiques n’ont jamais eu les faveurs des marchés. Elles entravent leur fonctionnement. Mais la réalité est implacable. Les derniers rebondissements de

la crise politique en Ukraine suscitent dorénavant des doutes et des inquiétudes sur l’activité commerciale et portuaire d’Odessa et Mariupol, d'où sont exportées à la fois des céréales ukrainiennes mais aussi ...russes!

« Les troubles surviennent certes en fin de campagne céréalière, période pendant laquelle l’activité portuaire est ralentie. Mais qu’en sera-t-il au début de la prochaine campagne ? », s’interroge Lucile Brazzini, analyste des marchés agricoles (Offre et demande agricole). « Les autorités ukrainiennes auront-elles alors les moyens d’honorer leurs commandes ? ».

Et si la situation s’aggrave, des sanctions commerciales contre la Russie, et en particulier un boycott des céréales exportées, ne sont pas exclues. Or bon marché, l’origine mer Noire est stratégique pour les pays importateurs même si elle est risquée ! La semaine dernière, l’Egypte a programmé la livraison de plusieurs dizaines de milliers de tonnes de blé russe et ukrainien.

Autres entraves au bon fonctionnement des marchés : la crise économique en cours en Ukraine et menaçante en Russie ainsi que le comportement qu’adopteront les agriculteurs des deux pays. Pour préserver leur pouvoir d’achat et ne pas être victimes de nouvelles dévaluations de la hryvnia et du rouble, ils pourraient être tentés de stocker leurs récoltes. Tandis que le renchérissement des intrants importés aggravera leurs difficultés pour financer la prochaine campagne en automne (achat d’engrais, de semences, etc).

Une production de maïs attendue en baisse

Sinon, toujours selon Lucile Brazzini, les semis en maïs en Ukraine se déroulent dans de bonnes conditions en ce mois de mai. Ce n’est pas tant le recul de la surface implantée de 100 à 200.000 hectares sur un attendu de 4,7 millions d’hectares qui constitue en soi un problème où la commercialisation de la prochaine récolte. Mais la baisse des rendements difficile à évaluer. La production est d’ores et déjà estimée à 25 millions de tonnes (Mt) contre 30 à 31 Mt pour la campagne qui s’achève. La baisse de la consommation d’intrants devenus trop chers à acheter et le moindre recours à des semences de maïs hybrides réduisent naturellement le potentiel de production de quelques millions de tonnes. Un potentiel de production qui reste par ailleurs suspendu aux conditions météorologiques des prochaines semaines.

En ces périodes troublées, le tournesol et le soja s’imposent un peu plus qu’à l’accoutumée comme des cultures alternatives au maïs. La culture de tournesol est moins exigeante en intrants et celle du soja est mieux valorisée.

Ces derniers jours, ce sont aussi les Etats-Unis qui génèrent des tensions sur les marchés. Le marché du blé est dépendant actuellement des conditions météorologiques. Et l’excès d’humidité dans le Corn belt pénalise les semis de maïs outre-Atlantique.

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