S'assurer face aux aléas climatiques Les points de vue de Florence Gillotin et Franck Gille, céréaliers

Nicolas Mahey Terre-net Média

S'assurer ou pas face aux aléas climatiques ? Si certains exploitants voient dans ce dispositif un filet de sécurité indispensable, bon nombre jugent encore son intérêt limité. Deux céréaliers d'Île-de-France nous donnent leur avis : Florence Gillotin et Franck Gille.

Florence Gillotin (©Florence Gillotin)

Florence Gillotin, céréalière dans au Merevillois, dans l’Essonne (91)

« Si la responsabilité du changement climatique est collective, alors la prise en charge doit l’être aussi ! »

« Je ne suis pas assurée. Je trouve la cotisation coûteuse et le seuil de déclenchement à 30 % trop élevé. 20 % serait plus réaliste. Je crains toutefois que cela ne fasse démesurément augmenter le montant des primes. Que les assureurs veuillent rentrer dans leurs frais est compréhensible, mais les agriculteurs doivent, de leur côté, limiter leurs charges. Par ailleurs, on m’explique que le changement climatique est causé par les activités humaines. Or on me pousse en même temps à supporter moi-même le coût d’une assurance multirisque. Si la responsabilité est collective, alors la prise en charge doit l’être aussi ! Sur mon exploitation, les trois dernières années ont été sèches. J’essaie de me prémunir des mauvaises récoltes en implantant des cultures plus résistantes, tout en limitant les intrants. »

Franck Gille (©Franck Gille)

Franck Gille, céréalier à Villemer en Seine-et-Marne (77)

« Après la récolte catastrophique de 2016, je me suis de nouveau assuré »

« J’ai souscrit une des premières assurances climatiques puis j’ai arrêté. Selon mon comptable, pour atteindre 30 % de pertes, il fallait vraiment de gros dégâts. Je cherchais aussi à faire des économies et j’étais déçu que les subventions aient été revues à la baisse [au début des années 2010, NDLR]. Mais après la récolte catastrophique de 2016, je me suis de nouveau assuré. J’avais inclus des pois d’hiver dans ma rotation et je voulais me couvrir contre le gel. Cette même année, mes betteraves ont été très impactées par la sécheresse et j’ai été indemnisé. Je paye un peu plus de 8 000 € par an pour un contrat "socle". Les subventions me permettent de récupérer autour de 5 000 €. Aujourd’hui, les incertitudes de la météo sont une réalité. Je suis plus serein avec cette assurance, mais cela reste un choix personnel. »

Et vous quel est votre point de vue sur le sujet ? N'hésitez pas à le laisser en commentaire...

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