[Témoignage] Christophe Grison « Avec mes terres séchantes, j’ai tout intérêt à souscrire l'assurance récolte »

Terre-net Média

Agriculteur dans l’Oise, Christophe Grison est assuré en multirisques climatiques depuis la création de cette assurance. Et il ne regrette pas son choix. Cette année, plusieurs de ses cultures ont souffert des pluies de l’automne-hiver et du temps sec au printemps. Résultat : il devrait déclencher son assurance, notamment pour ses betteraves.

Christophe Grison, devant un champ de betteraves, le mai dernier.Christophe Grison, devant son champ de betteraves, le 26 mai dernier. (© Compte twitter @agritof60)

« Pour les betteraves, le mal est fait. Je les avais pourtant semées tôt et dans de bonnes conditions mais depuis, pratiquement aucune pluie », déplore Christophe Grison, alias @agritof60 sur Twitter. Agriculteur dans l’Oise, à Mareuil-sur-Ourcq, il a donc fait venir son expert assurance Groupama.

Présentation :
>> Christophe Grison est également président de la coopérative Valfrance et membre du Cese.
>>> Il exploite avec son épouse 360 ha : 210 ha à Mareuil-sur-Ourcq dans l’Oise et 150 ha à quelques kilomètres de là, dans l’Aisne, à Montigny l’Allier.
>>> Cultures : betteraves, blé, colza, orge et maïs.
>>> Diversification en maraîchage en 2015 : vente en circuits courts avec un magasin à la ferme, un distributeur automatique devant la ferme et un site de e-commerce.
>>> Sur les grandes cultures : 1,3 salarié (partage de personnel avec des voisins) ; sur le maraîchage : 2 salariés permanents, 2 saisonniers plus des stagiaires.

Dès son installation il y a trente ans, il a souscrit une assurance grêle puis a basculé sur l’assurance multirisques climatiques à sa création. « J’ai fait ce choix parce que mes terres sont assez séchantes et si je n’ai pas d’eau en mai et juin, comme en ce moment, mes plantes souffrent. »

40 mm en quatre mois

Et cette année, les conditions météo n’ont pas été clémentes, comme dans de nombreuses régions. La pluie a d’abord compliqué les semis à l’automne, l’obligeant à revenir au labour, puis les précipitations ont de nouveau été excédentaires pendant l’hiver, asphyxiant la plante. Le printemps sec a couronné le tout, surtout qu’il s'est accompagné d'une invasion de pucerons et de méligèthes.  

« Depuis quatre mois, on a eu très peu de pluie, à peine 40 mm en quatre fois, et en ce mois de juin, à peine 6 mm. Les cultures crèvent de soif, notamment celles de printemps ».  

Après son tour de plaine, l’expert lui a confirmé que certaines de ses cultures n’étaient pas en bon état : « Pour les blés, ce ne sera sûrement pas une bonne année, mais normalement, cela ne va pas "déclencher" (il faudrait que le rendement soit en baisse de 25 % sur la moyenne des cinq dernières années). En revanche, c’est plus incertain pour les orges de printemps. Pour le colza, l'expert estime qu’il n’y a pas beaucoup de pieds et de siliques, donc cela devrait aussi "déclencher". Enfin, pour les betteraves, aucun doute, leur état est trop mauvais. »

Je suis favorable à une assurance récolte obligatoire

Ces dernières années, il a notamment déclenché en 2016 son assurance multirisques climatiques, la moisson ayant été catastrophique, après un printemps trop pluvieux. « Pour le blé, j’étais assuré pour 80 quintaux/ha, et ma récolte n’a atteint que 48 q/ha, en enlevant la franchise de 25 %, l’assurance a donc payé la différence soit les 12 quintaux restants ». En 2018, c’est le manque d’eau pendant l’été, au moment de la floraison, qui a fortement réduit les rendements de ses maïs : d’une moyenne de 80-90 q/ha, il a chuté à 40-50 q/ha.

Coût de son assurance chez Groupama

Cultures

Cotisation avant subvention

Cotisation après subvention de la Pac

Capital assuré
Blé32 €/ha20 €/ha8,9 t à 173 €
Colza90 €/ha60 €/ha4,1 t à 395 €
Betterave32 €/ha20 €/ha87 t à 23 €
Orge41 €/ha25 €/ha8,5 t à 167 €
La franchise pour la grêle est de 5 % et pour les aléas climatiques de 25 %.

« Si je prends une moyenne sur dix ans, je n’ai pas gagné d’argent avec l’assurance mais je n’en ai pas perdu non plus. Les bonnes années, j’ai une assurance qui ne déclenche pas mais au moins je dors tranquille la nuit. Mais en 2016, j’ai limité la casse. L’assurance, ça ne sert à rien quand tout se passe bien, mais on est bien contents d’en avoir une quand il y a un accident », explique Christophe Grison.

Alors quand on lui demande ce qu’il pense de la proposition du ministre de l’agriculture d’avoir une assurance récolte obligatoire pour tous, il y est plutôt favorable. « Plus on sera nombreux à être assurés, plus le coût à l’hectare pour chaque agriculteur va diminuer », argumente-t-il. Ce qu’il aimerait aussi, c’est de pouvoir abaisser la franchise à 20 % alors qu’elle est actuellement à 25 %.

En attendant, il a les yeux rivés sur le temps encore une fois, la moisson de ces orges devrait débuter courant de la semaine.

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