; Les lecteurs de Terre-net discutent de l'intérêt de l'assurance grêle

Paroles de lecteurs Les agriculteurs doivent-ils s'assurer contre la grêle selon vous ?

Terre-net Média

Vu les dégâts considérables sur les cultures provoqués par la grêle début juin, certains lecteurs de Terre-net « ne comprennent pas que les agriculteurs ne s'assurent pas, au moins, contre ce risque climatique ». Car, d'après eux, « ça ne coûte pas si cher ». Comme la météo vient malheureusement de le montrer : « On peut tout perdre la veille de la récole ! », insistent-ils. L'un d'eux propose même de rendre cette assurance « obligatoire ».

paroles de lecteurs assurance greleL'assurance grêle, c'est celle de « pouvoir dormir tranquille » pour Tanguy Le Comte. (©Twitter // Création Terre-net Média)

Benoît Herrouet considère que le gouvernement est « (...) bien gentil d'octroyer des aides pour un aléa climatique facilement assurable » comme la grêle.

Tanguy Le Comte estime aussi que « la grêle est un risque assurable ». D'ailleurs, cet « agri de 43 ans », comme il le précise, s'est toujours « assuré ». Certes, ses cultures ont été grêlées seulement « 3 fois à petite dose » mais, au moins, il peut « dormir tranquille », fait-il remarquer.

La grêle, un risque « assurable »

« (...) La grêle est assurable seule (hors assurance multirisques climatiques), déclare Nico. Il est dommage que certains agriculteurs ne s'assurent pas. » « En plus, plusieurs d'entre eux ont dû contacter l'assureur vert dans l'heure du sinistre pour tenter de s'assurer, en vain », suppose-t-il.

Très imprudent même de ne pas s'assurer !

Rutabaga va plus loin (...), jugeant « très imprudent de ne pas s'assurer contre la grêle en grandes cultures : céréales, maïs, colza, betteraves ». D'autant que l'assurance grêle ne coûte pas très cher, selon lui : « Il y a quelques années, sauf erreur, c'était 0,7 % de la récolte déclarée en blé et 2 % en colza par exemple. » Soit l'équivalent « d'une récolte payée en assurance grêle sur 140 ans... » À l'inverse, « on ne peut pas se permettre de perdre une année de récolte ! », lance-t-il.

Car la prime « ne coûte pas trop cher »

« L'assurance mutirisque climatique, malheureusement, coûte trop cher. Mais je suis assurée contre la grêle », confirme Mathieu Marand.

Benoît Herrouet est d'accord : « L'assurance grêle seule ne coûte pas très cher : seulement 10 % de franchise et elle fonctionne à la parcelle. » Il « ne comprend pas que si peu d'agriculteurs soient assurés contre ce risque climatique au moins ».

10 % de franchise, à la parcelle.

Samuel Cocteau n'est pas de cet avis : « Pas très cher ? Quand tu prends un rendement correct et un prix correct, ça pique ! »

« Oui mais tu t'assures sur un rendement moyen et un prix moyen, pas sur des records sinon, là effectivement, les prix grimpent », lui répond Olivier Lefebvre.

« Aucun intérêt de t'assurer alors », renchérit Samuel Cocteau. Il s'explique : « Quand le colza vaut 850 €/t par exemple, prendre un prix moyen n'a pas de sens »

« Quel intérêt avec un rendement et un prix moyens ? »

Benoît Herrouet donne ses chiffres : « Ça me coûte 23 €/ha pour un capital assuré de 1 500 €/ha, avec un rendement de 60 q de blé par hectare aux prix actuels. Il ne faut pas dire que c'est cher. »

Samuel Cocteau ne partage pas cette opinion : « Après, ça dépend de ton rendement moyen. Avec 95 q à 250 €/t (ce qui n'est pas élevé), tu es loin de 23 €/ha. »

« Personnellement, en cas de grêle, je préfère être remboursé sur un prix moyen que sur rien du tout, réplique Olivier Lefebvre. « Le gros plus » pour lui de l'assurance grêle est « la franchise à la parcelle et pas à l'exploitation comme pour les autres aléas ». « Et avec la grêle, tu peux tout perdre la veille de la récolte », rappelle-t-il.

« (...) Le but c'est d'assurer tes charges au minimum, pas de sortir un revenu record », ajoute Benoît Herrouet à l'attention de @Samuel Cocteau.

Tu préfères tout perdre la veille de la récolte ?!

Nikiforoff Gaëtan trouve « le raisonnement » de @Olivier Lefebvre « très bon ». Il voit malgré tout « deux petites choses » à redire : « Pour les aléas climatiques, tu peux opter pour une FAC (franchise absolue par culture). La franchise sur l'exploitation, c’est surtout lorsque ton taux de sinistralité est trop important à long terme, mais c’est rare d’en avoir. De plus, un contrat grêle seul n’est pas subventionné. »

Certains préfèrent constituer « une cagnotte »

Plutôt que de s'assurer, Bibi propose plutôt de constituer « une cagnotte pour les coups durs », car « sur une carrière de 40 ans, c'est rentable ».

Comme par hasard, le dommage subi n'est jamais couvert...

C'est la solution choisie par jpg : « (...) On a mis de coté les primes d'assurance depuis 1985, ça fait des sous ! On sait ce qu'on risque : c'est sûr, ça va nous faire mal » quand la grêle nous frappera. « Économiquement, sur la durée, c'est tout bon de s'assurer... pour l'assureur !! »

Dans le même esprit, Francis V : « (...) Les assureurs sont toujours là avec le sourire pour signer un contrat ou encaisser le chèque des cotisations, mais toujours "désolés" de nous expliquer que l'assurance ne couvre pas les dommages qu'on vient de subir, à cause d'une petite phrase écrite en tout petit au dos du contrat signé ! (...) »

« Bibi, t'as tout faux ! », rétorque conventionnel. « Le climat évolue en 40 ans », surtout avec le réchauffement climatique. « Trois années pourries de suite », comme cela arrive de plus en plus, « et ta cagnotte... »

Cette assurance devrait être « obligatoire »

agri expert est, lui, catégorique : « L'assurance grêle devrait être obligatoire, d'un bout à l'autre de la France, et les primes collectées directement sur le budget Pac, mutualisées et affectées à tous ceux qui subissent ces orages destructeurs. » «  (...) », justifie-t-il.

« Un producteur qui ne s'assure pas contre la grêle, c'est une faute professionnelle », insiste yayauque

« Tu as raison, perdre tout son travail en une heure est insupportable ! », acquiesce Maxens, s'adressant à @agri expert. « (...) Mais pourquoi encore imposer des contraintes et rendre des dispositifs obligatoires ? », objecte-t-il, avançant plusieurs arguments : « S'assurer ou non est un choix personnel, un acte de gestion au même titre que choisir son assolement. Trop facile de piquer sur les aides Pac, donc sur les revenus des collègues, pour financer des assurances grêle, alors que l'on sait que certaines cultures génèrent des revenus (et donc aussi des primes) plus élevés. À un moment, il faut aussi un minimum de responsabilité individuelle : tu choisis de t'assurer ou tu assumes les risques. »

Un agri qui ne s'assure pas contre la grêle, c'est une faute professionnelle !

agri expert persiste : Actuellement, c'est ainsi : chacun à le choix de s'assurer ou non, mais à chaque fois, ceux qui ne sont pas assurés pleurnichent pour avoir des aides ! Alors c'est ceux qui ont choisi de s'assurer qui sont perdants ! Donc l'idéal est l'assurance obligatoire, et afin de ne pas perdre d'argent chez les assureurs, il faudrait garder cet argent au sein du budget agricole. Ainsi, tout l'argent collecté serait redistribué aux agriculteurs. L'idée de la prélever sur le budget Pac, c'est pour simplifier les démarches et rendre le coût indolore. Et bien évidemment, les tarifs et indemnités seraient variables en fonction du potentiel des cultures. »


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