Sécheresse/canicule Un agriculteur sur deux touché, selon Groupama

Amélie Bachelet avec AFP Terre-net Média

Un agriculteur sur deux assuré chez Groupama a ouvert un dossier sinistre en raison des pertes causées par la sécheresse et la canicule qui ont sévi cette année, a-t-on appris auprès de l'assureur.

« Un assuré sur deux nous a fait une déclaration de sécheresse ou de canicule », a indiqué Delphine Létendart, directrice du marché agricole chez Groupama, à l'AFP. Ainsi, 14 000 titulaires d'une assurance agricole chez Groupama ont sollicité un remboursement des dégâts causés par la sécheresse, et cela monte à 20 000 avec les effets de la canicule, sur environ 42 000 assurés, selon Delphine Létendart.

Les zones les plus touchées sont la région Rhône-Alpes, le nord et l'est de la France, « mais comme il y a eu des orages localisés, les pertes ne sont pas homogènes » dans une même zone, explique-t-elle. « En matière de pertes, on approche les 60 millions d'euros à la mi-août » pour les clients agriculteurs de Groupama, mais l'assureur n'aura de chiffres définitifs qu'à l'issue des récoltes de maïs, fin octobre, selon Delphine Létendart.

En raison de la sécheresse, les cultures de maïs ont moins d'épis et moins de grains, mais comme il a plu en fin d'été, si les grains ont suffisamment grossi, « on peut rattraper une partie du potentiel perdu », indique-t-elle.

Antoine Thibault, alias Agriskippy, éleveur dans l'Eure, a indiqué sur Twitter que son maïs ensilage faisait un peu moins de 8 t de matière sèche à l'hectare. Il a déclenché son assurance multirisques climatiques ce qui va lui permettre d'acheter une partie de la nourriture qui lui manque : « cette indemnité rembourse la totalité des cotisations assurance récolte que j'ai versées depuis 17 ans », précise-t-il.

La viticulture a également subi des pertes, d'autant qu'elle avait « déjà été concernée par la grêle au printemps », souligne Delphine Létendart, ajoutant que la canicule a occasionné des pertes « comme on en voit rarement pour une culture habituée à la sécheresse ».

Seules 30 % des surfaces agricoles françaises sont assurées, surtout les céréales et la viticulture, dont 56 % par Groupama via 42 000 contrats. Selon un sondage en ligne sur Terre-net du 9 au 16 avril 2019, auquel 1 325 agriculteurs ont répondu, 33,8 % indiquent avoir souscrit une assurances multirisque climatique pour 2019.

Susceptible d'être subventionné jusqu'à 65 % par la Politique agricole commune (Pac), le contrat multirisques climatiques est globalement peu souscrit, ce qui pose des problèmes d'équilibre aux assureurs, car il reste complexe, onéreux et inadapté à certaines productions, mais aussi parce que beaucoup d'agriculteurs n'ont pas la culture de la couverture du risque. 

Didier Guillaume a annoncé en juin dernier le lancement d'une concertation avec le secteur de l'assurance et le monde agricole pour tenter d'aboutir à une assurance « généralisée » des agriculteurs contre les aléas climatiques. Un avis partagé par Damien Collignon que nous avions interrogé l'année dernière. Céréalier en Bourgogne, il avait subi en janvier 2018 deux crues qui avaient détruit 12 hectares de blé et colza.


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