L'actu d'Arvalis Céréales : étaler les dates de semis selon le salissement des parcelles

Terre-net Média

L’automne 2019 a montré combien la météo pouvait être capricieuse : une longue période de sécheresse suivie de nombreuses séquences pluvieuses a laissé peu de créneaux pour semer dans de bonnes conditions. Pourtant, les échecs de désherbage ont été beaucoup moins nombreux lors de la campagne en 2019/2020 que précédemment. Alors, essayer d’anticiper les semis au cours de l’automne qui arrive est tentant : oui ou non ?

SemisÉchelonner les dates de semis, c’est rechercher à partager les risques. (©Arvalis-Institut du végétal)

Raisonnablement, la réponse à cette question n’est pas aussi tranchée sur le plan de la gestion des mauvaises herbes :

  • Sur les parcelles historiquement propres ou peu infestées, saisir les opportunités de semis précoces.
  • Sur les parcelles reconnues comme souvent affectées par les échecs de désherbage, en particulier sur les graminées adventices, mieux vaut échelonner jusqu’à décaler les dates de semis, les plus sales étant implantées en dernier.

Dans tous les cas, garder en mémoire que l’efficacité des herbicides est rarement satisfaisante. Ces derniers ne constituent plus que la dernière étape d’un raisonnement qui place l’agronomie en priorité, et la chimie comme dernier maillon de la chaîne de lutte contre les mauvaises herbes, en particulier les graminées.

De plus en plus, dans un contexte d’aléas climatiques fréquents et sévères, il ne faut pas « mettre tous ses œufs dans le même panier ». Échelonner les dates de semis, c’est rechercher à partager les risques : limiter les effets des accidents climatiques, réduire les infestations de mauvaises herbes et mieux contrôler les pullulations de ravageurs d’automne, dont les pucerons vecteurs de la jaunisse nanisante.

Priorité aux faux-semis

Dans les parcelles les plus à risque d’infestation par les mauvaises herbes, il faut profiter du retour des pluies pour réaliser des faux-semis avant de semer les céréales. Un faux-semis est un travail superficiel du sol fin et rappuyé (moins de 5 cm de profondeur), qui a pour objectif de stimuler la levée des adventices, puis de les détruire avant l’implantation de la culture. La réussite de l’opération est liée à l’humidité du sol pendant l’interculture.

Il est également opportun de profiter de ce créneau pour favoriser les repousses de blé avant les semis d’orge d’hiver ou de printemps semées à l’automne. Avec l’obligation absolue de semer sur un sol propre, détruire les adventices et repousses issues des faux-semis est réalisable soit chimiquement, soit mécaniquement, soit les deux. Dans le second cas, utiliser des outils qui travaillent toute la surface (par exemple, les cultivateurs à 2 ou 3 rangées de dents et disques de nivellement) et surtout, en intervenant avant un épisode sans pluie afin d’accélérer la mort des plantes par desséchement.

Effets du cover crop et du vibroculteur avec pattes d’oieEffets du cover crop et du vibroculteur avec pattes d’oie. (©Arvalis-Institut du végétal)

Décaler les dates de semis sur les parcelles les plus sales

Depuis 2018, les expérimentations sont nombreuses pour mesurer l’effet d’un décalage de la date de semis sur l’infestation en graminées, vulpins en particulier. Par exemple, sur une synthèse de six essais réalisés par Arvalis dans le quart nord-est de la France, en moyenne, c’est 43 % de vulpins en moins pour un semis décalé en deuxième quinzaine d’octobre par rapport à un semis plus précoce.

Infestation en vulpins (témoins non traités) selon la date de semis - 6 essais (2018 à 2020)Infestation en vulpins (témoins non traités) selon la date de semis - 6 essais (2018 à 2020) (©Arvalis-Institut du végétal)

Dans les parcelles historiquement les plus sales, le décalage de la date de semis n’est pas synonyme de rendement moindre, mais c’est un levier agronomique prioritaire. Dans ces situations, la dépense herbicides peut rapidement s’envoler et atteindre 150 €/ha sur un semis précoce, sans assurance de bonne efficacité ni de réalisation du meilleur rendement tant l’infestation en adventices est importante. Ainsi, la perte de potentiel liée au décalage de la date de semis est compensée par un désherbage proche de la perfection.

Le décalage de la date de semis est également efficace vis-à-vis des bromes. En revanche, il l’est moins pour les dicotylédones, par ailleurs moins problématiques. Enfin, le décalage de la date de semis sera d’autant mieux valorisé que la variété de blé retenue n’est pas implantée au-delà de la fin de sa plage optimale.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous