L'actu de Terres Inovia Gelées : comment évaluer l'état de mon colza ?

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Les gelées printanières, accompagnées d’un vent de nord-est soutenu, n’ont pas épargné les colzas en montaison dans certaines régions. Des dégâts de gel importants sont notamment observés sur une grande partie de la zone nord et est. Dans ces situations, il est indispensable, selon les experts Terres Inovia, d'observer régulièrement les parcelles de colza dans les prochains jours.

Colzas impactés par le gelQuelques exemples de dégâts observés : en haut à gauche feuilles desséchées et à droite tige déformée; en bas à gauche tige vitreuse et à droite colza détruit. (©A.Baillet, L.Jung/Terres Inovia)

Pour évaluer le potentiel des colzas actuels et/ou décider du retournement de la parcelle, il faut suivre de façon régulière les colzas dans les 10 prochains jours pour déterminer :

  • Le nombre de pieds viables et leur répartition au sein de la parcelle. Dans les petites terres, un peuplement sain et bien réparti de 15-20 pieds/m² est nécessaire. Dans les terres à potentiel, un peuplement minimum de 10 à 15 pieds/m² bien répartis est recherché.
  • L’évolution de l’état sanitaire. Est-ce que les tissus blessés sèchent ou bien il y a-t-il un dépérissement qui tend à progresser ? Dans le premier cas, nous pouvons penser que seuls les organes touchés sont impactés. Dans le second cas, nous pouvons craindre que la situation se dégrade parfois jusqu’en floraison à l’instar de 2012.

Sans oublier d’observer :

- La qualité d’enracinement et l’état du système racinaire. Les cultures bien enracinées et n’ayant pas souffert d’anoxie racinaire au cours de l’hiver seront plus à même de compenser des dégâts.
-  Les éventuels dégâts de ravageurs antérieurs à l’accident climatique (larves d’altise, charançon du bourgeon terminal…). Là encore, le potentiel de production sera moins affecté pour un colza sain.
- Le salissement de la parcelle. Les peuplements dégradés couvrent moins le sol et favorisent le salissement au printemps. Il est risqué de garder des parcelles impactées par le gel déjà très sales aujourd’hui.

Pourquoi les dégâts sont-ils aussi importants ?

Le risque de gel et l’intensité des dégâts sont difficiles à prévoir car dépendants de nombreux facteurs qui interagissent : climat (température, humidité, vent), état de la plante (croissance, composition chimique, variété), lieu (sol, altitude, exposition). Les températures enregistrées sous abri ont avoisiné - 2°C / - 3°C ce qui en théorie n’est pas alarmant. Mais au-delà de cet indicateur imparfait, nous savons que le vent de nord-est a joué un rôle déterminant dans l’intensité des dégâts.

Pour intégrer l’effet du vent, nous pouvons nous risquer à faire un peu d’anthropomorphisme, en regardant les températures ressenties. Elles étaient de l’ordre de - 10°C / - 11°C dans certains secteurs. Enfin, nous savons que des cultures en pleine croissance, avec des organes jeunes riches en eau et en azote, sont plus sensibles au gel.

Stades des colzasStades des colzas dans la zone Nord et Est. (©Terres Inovia)

Un traitement fongicide est-il nécessaire ?

Dès lors que d’importants dégât de gels sont observés, nous pouvons nous inquiéter du développement de maladies saprophytes ou de faiblesses. Il est certain que l’évolution du contexte sanitaire impactera le devenir des cultures. Toutefois, l’expérience de 2012 nous a appris qu’aucun traitement fongicide ne pouvaient contenir ces infestations potentielles si les conditions météorologiques sont propices à leur développement dans les prochaines semaines. Mieux vaut donc minimiser les charges supplémentaires et réserver l’enveloppe « fongicide » à la protection début floraison visant le sclérotinia et les maladies secondaires (cylindrosporiose, alternaria).

Dans les parcelles touchées par les accidents de culture, l’investissement pourra être adapté au potentiel désormais en place. Une application de spécialités à base de tébuconazole, de metconazole remplira facilement cette mission de protection. Il en est de même pour un produit de type Propulse modulé à 0,4 ou 0,5 l/ha. Le positionnement se fera en fonction de la majorité des plantes au stade G1.

Un engrais foliaire peut-il aider mon colza ?

Dans pareil contexte, des questions relatives à la nutrition des plantes sont également posées : Faut-il craindre des carences alimentaires ? Un apport foliaire d’oligoéléments ou de biostimulants peut-il aider mon colza à repartir et limiter les pertes de rendement ?

Commençons par dire que des carences alimentaires ne s’observent pas nécessairement après des dégâts de gel. Par ailleurs, pour que la fertilisation foliaire soit efficace il faut que la plante soit en mesure d’absorber les éléments et que son fonctionnement ne soit pas trop perturbé ; ce qui est loin d’être évident pour les cultures fortement défoliées. La rentabilité économique d’un investissement supplémentaire sur la culture n’est pas démontrée.

Concernant les solutions commercialisées visant à relancer la croissance après un stress abiotique, Terres Inovia ne dispose pas d’évaluation dans ce type de contexte. Nous nous mobilisons pour mettre en place des essais d’opportunité.

> Découvrez aussi un article de Terres Inovia sur les critères de retournement du colza

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