Reportage chez S. Pieters (76) L'andainage avant récolte, une pratique bien utile dans certaines situations

Terre-net Média

Avec l'arrivée de variétés plus résistantes à l'égrenage, la pratique de l'andainage du colza avant récolte avait quelque peu disparu. Elle se montre toutefois bien utile dans certaines situations, comme chez Stanislas Pieters, agriculteur en Seine-Maritime, qui y a recours pour la première fois cette année.

Andainage du colzaLa CABC réalise cette année environ 80-100 ha de prestation d'andainage du colza. Avec cette faucheuse andaineuse automotrice John Deere W150, le débit de chantier est d'environ 4-5 ha/h. (©Alexandre Pieters)

Semis dans le sec, puis un hiver très humide... les conditions climatiques de cette campagne n'ont pas été favorables au développement de la parcelle de colza (12 ha) de Stanislas Pieters, agriculteur près d'Illois en Seine-Maritime (63 ha : lin fibre, colza, céréales...). L'exploitant agricole, qui a réalisé un Colzor trio au mois d'août en post-semis prélevée, s'est fait dépassé par les adventices dans cette parcelle : matricaire principalement et laitron. Afin de limiter les impuretés à la récolte, il a donc décidé de tester, pour la première fois cette année, l'andainage du colza.

Bien repérer le stade optimal

« Sans ça, je ne vois pas comment on pourrait le récolter sec », indique Stanislas Pieters. Il a fait appel à la CABC, filiale de prestations de travaux agricoles du groupe Noriap, qui est équipée d'une faucheuse andaineuse automotrice John Deere W150. Pour démarrer l'andainage, il est important de surveiller le stade optimal pour ne pas égrainer la culture et en même temps, ne pas altérer son potentiel de rendement. « Le colza doit alors être à un taux d'humidité entre 30 et 35 %, c'est-à-dire quand les graines dans les siliques passent du vert au rouge brun. À repérer sur les hampes secondaires », précise Gauthier Poiret, responsable développement de la CABC pour les régions Ponthieu, Vimeu et Pays de Bray.

Stade optimal pour l'andainage du colzaFaucher le colza à 30-35 % d'humidité permet de ne pas égrainer la culture, tout en optimisant son potentiel de rendement, indique Gauthier Poiret. (©Terre-net Média)

Attention aussi à « couper assez haut afin de laisser de l'air passer sous l'andain (0,5 à 0,6 m minimum) », selon Terres Inovia. Ensuite, Stanislas Pieters va pouvoir reprendre l'andain avec sa moissonneuse-batteuse classique 4-5 jours après si les conditions climatiques sont bonnes. En cas de temps plus couvert ou humide, la reprise de l'andain peut être effectuée jusqu'à 10-12 jours plus tard », ajoute Gauthier Poiret.

> Découvrez le chantier chez Stanislas Pieters, filmé par son fils Alexandre, qui gère la chaîne Youtube Normandie Machines.
Selon Gauthier Poiret, la faucheuse andaineuse automotrice permet une meilleure reprise des andains et offre un débit de chantier plus important, qu'une faucheuse andaineuse classique.

Une alternative quand les plantes compagnes n'ont pas été détruites par le gel

Andainer le colza deux à trois semaines avant la date théorique de récolte permet également « de faire face à la présence de siliques au moment de la moisson et ainsi « d'homogénéiser la maturité des siliques », explique Gauthier Poiret, responsable développement de la CABC pour les régions Ponthieu, Vimeu et Pays de Bray. Cette technique est beaucoup utilisée, à cet effet, au Canada notamment. Autre situation où cela peut être intéressant : « pour des colzas associés où les plantes compagnes (type fenugrec, vesce ou féverole) n'auraient pas été détruites par le gel en hiver et deviendraient envahissantes ». On évite ainsi la présence de trop de verdure dans les grains de colza à la récolte.

La Chambre d'agriculture d'Eure-et-Loir a d'ailleurs testé cette pratique, fin juin, dans une parcelle de colza associé de la ferme expérimentale de Miermaigne. Résultats à venir...

« Un gain de 4-5 q/ha de colza »

Si cette pratique entraîne un passage supplémentaire, « elle permet généralement un gain de 4-5 q/ha d'après les essais Terres Inovia », indique Gauthier Poiret. Avec l'andainage, « on limite le taux d'impuretés ». C'est aussi un « moyen d'homogénéiser le taux d'humidité de la parcelle » afin d'éviter de récolter des parcelles à 4,5-5 % d'humidité et de garantir ainsi la totalité du rendement potentiel ».

Côté charges, le coût de la prestation d'andainage du colza est d'environ 60 €/ha. Dans sa parcelle, Stanislas Pieters a demandé à laisser une bande témoin qu'il récoltera de manière classique pour comparer les deux méthodes. Résultats à suivre donc !

De gauche à droite : Stanislas Pieters, Gauthier Poiret et Alexandre PietersDe gauche à droite : Stanislas Pieters, Gauthier Poiret et Alexandre Pieters. (©Terre-net Média)

Que pensez-vous de cette pratique ? L'avez-vous déjà testée ? N'hésitez pas à laisser un commentaire.
Une pratique courante en production de semences
L'andainage du colza avant récolte est fortement encouragé en production de semences afin de « conserver la qualité des grains, critère déterminant pour l'ensemble de la filière », comme le précise l'Anamso, Association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences oléagineuses. La CABC réalise également des prestations d'andainage dans le cadre de la production de semences de graminées fourragères (fétuques, ray-grass d'Italie/anglais, dactyle, trèfle, etc) : 500-600 ha par an. « Cela permet de limiter le risque de pertes de grains par le vent, et surtout de gagner en taux d'humidité », ajoute Gauthier Poiret.

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