Paroles de lecteurs Réintroduire le mouton sur des terres céréalières, une bonne idée ?

Terre-net Média

Plusieurs lecteurs de Terre-net ont salué l'initiative de Mathieu Baudouin, qui a créé un atelier ovin à côté des productions végétales. Malheureusement, le retour des moutons en zones de grandes cultures marque celui des oppositions entre céréaliers et éleveurs dans les commentaires...

moutons dans prairiesDes moutons dans des régions céréalières, un « retour à des pratiques ancestrales... », selon Patrick Veyret. (©Terre-net Média)

Jfpb08 : « C'est exact, on voit beaucoup de céréaliers se lancer dans la production de moutons. »

Poly  : « Bravo pour ce système cohérent, capable de tenir dans le temps. » 

« Un système cohérent » et durable

Rino : « Comme quoi des solutions existent ! Il suffit juste d’être novateur. Beau travail ! »

Patrick Veyret : « Retour à des pratiques ancestrales... »

post facebook reintroduction des moutons en zones cerealieres
 

post facebook reintroduction des moutons en zones cerealieres(©Facebook) 

S'assurer un prix correct et un débouché

Phil47 : « Maintenant que l'Angleterre est sortie de l'Europe, un marché va peut-être se rouvrir en France pour le mouton. La difficulté : comme les animaux sont dehors toute l'année, il faut faire coïncider les agnelages avec l'arrivée du printemps et la pousse de l'herbe (impossible de laisser des petits à l'extérieur l'hiver !). Du coup, les agneaux sont commercialisés en été. Or qui consomme du mouton à cette période ? Compliqué, dans ces conditions, d'avoir un cours correct et un débouché assuré. »

Hub : « C'est marrant, pour différentes raisons, certains prônent le réintroduction des productions animales dans les zones céréalières et replantent des arbres quand d'autres veulent arrêter l'élevage dans les régions où il prédomine, arracher les haies et retourner les prairies pour semer des céréales !! »

sdf : « Moi, si j'avais la chance d'avoir 140 ha, je supprimerais certainement l'élevage pour me spécialiser dans les grandes cultures et ne plus subir les contraintes climatiques, c'est-à-dire les excédents d'eau l'hiver empêchant de sortir les animaux dehors et la sécheresse l'été grillant les prairies pendant plusieurs mois. »

Et c'est reparti pour la guéguerre céréaliers/éleveurs...

Pipo : « Donc vous croyez qu'il n'y a pas de contraintes climatiques en grandes cultures ? C'est bien la première fois que je lis ce genre de raisonnement ! »

sdf : « Les céréaliers ne sont pas obligés de construire des bâtiments pour stocker les cultures l'hiver alors que les éleveurs doivent abriter les fourrages, les animaux et le fumier. Et c'est bien plus facile de vendre du blé, du colza ou du maïs que des bovins ou ovins. En plus, les sécheresses sont de plus en plus fréquentes et les bêtes n'ont plus plus rien à manger dans les prairies. (...) Ce n'est pas un hasard si on voit davantage d'éleveurs passer en grandes cultures que l'inverse. (...) »

Voir également le Paroles de lecteurs : La sécheresse de 2018 ouvre le débat sur l'assurance prairie

Gibero : « Tu n'as qu'à faire des céréales si c'est si facile et rémunérateur que tu le prétends (...) ! »

sdf : « Désolé mais depuis une dizaine d'années, l'élevage sert plutôt à défiscaliser qu' à dégager du revenu. Je vois beaucoup de jeunes s'installer en grandes cultures et très peu en productions animales, même avec des stabulations existantes. Un éleveur commence à gagner sa vie quand il cesse l'élevage. »

« Les agriculteurs espèrent, se diversifient... »

Gibero : « Ah ces sacrés éleveurs, tous les mêmes à croire que les céréaliers sont des privilégiés ! C'est méconnaître le métier. Venez chez moi en Charente, vous déchanterez vite avec nos sécheresses à répétition et nos 60 q/ha de moyenne en blé sur 10 ans. Sans irrigation, ce n'est même pas la peine et avec, c'est très compliqué avec toutes les restrictions d'eau. Une chose est sûre par contre et facilement vérifiable : les éleveurs de mon département ne sont pas ceux qui perçoivent le moins de primes Pac puisqu'une partie des aides des céréaliers ont été rognées à leur avantage lors de la scandaleuse redistribution de 2012. »

Changement : « De toute façon, s'installer en agriculture n'est pas rentable quel que soit le projet... C'est la très dure réalité du terrain. La recherche incessante du revenu... Les agriculteurs espèrent, se diversifient. L'espoir fait vivre.... Le courage, la volonté, nous en avons, pas de soucis. Des stratégies aussi. Mais il y a un grand "mais". (...) De nombreuses exploitations sont dans des situations financières catastrophiques, avec des conditions de travail inhumaines. Et ce n'est pas prêt de s'améliorer. (...) »


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