Vu sur Youtube P. Lalanne (40) témoigne de 20 années d'expériences en grandes cultures bio

Terre-net Média

Agriculteur à Morganx dans les Landes, Pascal Lalanne est installé avec son frère sur une exploitation agricole biologique de 60 ha depuis 2000. Il témoigne de ses 20 années d'expériences en vidéo.

Cliquez sur le curseur pour découvrir le témoignage de Pascal Lalanne. 

« Nous avons démarré avec les CTE (contrats territoriaux d'exploitation) et nous nous sommes lancés le challenge de se lancer en bio en 2000 », explique l'agriculteur landais dans vidéo publiée sur la chaîne Youtube de la chambre d'agriculture des Landes. « Pour les bonnes terres, nous fonctionnons aujourd'hui avec une rotation maïs grain-engrais vert-soja et sur les terres de qualité inférieure, maïs (plus précoce)-tournesol-colza. »

Types de sols sur l'exploitation de Pascal Lalanne : environ une moitié en bonnes terres (« limons humifères, appelés ici les terres noires) et une autre moitié en limons battants (avec un taux de MO plus bas et une réserve utile moins accessible)

Le broyage des couverts végétaux pour une meilleure restitution de l'azote

Pour toutes les cultures qui se récoltent tôt, Pascal Lalanne et son frère sèment systématiquement un engrais vert derrière, notamment un mélange avoine-vesce. « La vesce est bénéfique pour sa richesse en azote et son C/N relativement bas, qui permet de restituer plus d'azote pour la culture suivante. » Concernant la destruction de ces couverts, l'agriculteur opte pour le broyage afin de « les décomposer le plus finement possible. Nous effectuons une pesée de matière verte juste avant de broyer. On vise un objectif de 3 à 5 t/MS/ha avec le plus de richesse en azote possible (2,5 %). Cela représente une centaine d'unités d'azote produites. Bien sûr, tout n'est pas disponible pour la culture suivante, mais on estime qu'il y a au moins 50 % utilisables, voire même un peu plus ». 

Pour la fertilisation du maïs, l'agriculteur apporte également des fientes de volailles juste avant le semis à 4 t/ha (4-3-3), ce qui représente 160 u d'N. « J'applique aussi un engrais starter organique à 130 kg/ha (4 N-8 P) (4 à 6 u d'N), complété par un biostimulant racinaire afin d'améliorer l'enracinement de la culture. Puis je peux faire un relai à 3-4 feuilles du maïs, avec l'épandage d'un engrais organique à base de protéines animales transformées à 500 kg/ha (10 N - 4 à 6 P) (50 u /N). Ce qui fait en tout environ 215 u d'N/ha. »

Pascal Lalanne utilise aussi des fientes de volailles sur tournesol, mais à 2 t/ha. « Nous appliquons également un engrais starter. Ce qui représente au total 80 à 85 u d'N/ha pour cette culture. On complète également par un apport de bore, indispensable. La culture de soja, elle, ne nécessite pas d'apport de fertilisation. Si ce n'est un apport  d'oligo-éléments vers 2-3 feuilles trifoliées en cas de besoin ».

Houe rotative et bineuse : piliers de la gestion des adventices

En agriculture biologique, la gestion des adventices est également un gros point d'attention. Les deux agriculteurs ont recours principalement à deux outils de désherbage mécanique : la houe rotative et la bineuse. « La houe, privilégiée sur les cultures à des stades jeunes, est très importante pour le nettoyage sur le rang, précise Pascal Lalanne. Le soja est la culture la plus exigeante niveau binage. Cette culture étant semée à 80 cm d'écartement, le temps qu'elle couvre la totalité du sol, nous devons suivre le binage jusque début juillet environ. »

Nombre de passages d'outils de désherbage mécanique selon la culture/an

Houe Bineuse
TournesolX 1X 2
Maïs grainX 2X 3
SojaX 2 ou 3X 3 ou 4

L'agriculteur détaille : « pour le choix de la houe, nous avons opté pour un outil avec un "rappuyage" hydraulique. [...] On peut régler l'intensité de pression : on met ainsi peu de pression lorsque les cultures sont très jeunes (stades cotylédons, 1 feuille...) et lorsque la culture est en bon état, on peut mettre une pression maximum au sol. Objectif : enlever le plus possible de mauvaises herbes, notamment sur le rang ».

Semis d'orge en inter-rangs du maïs pour lutter contre les taupins

« Aujourd'hui, on arrive à faire des rendements qui se rapprochent le plus possible des rendements en conventionnel. Pour le maïs, on est encore un peu loin mais on y travaille. Il faut qu'on améliore la partie fertilisation et la lutte contre les ravageurs, notamment les taupins. »

Rendement moyenFourchette selon les années
Tournesol25-26 q/ha
Maïs grain85 q/ha55 à 100 q/ha
Soja27-28 q/ha15 à 42 q/ha

« Après les semis de maïs, nous avons justement trouvé une parade contre les taupins. Nous semons de l'orge au centre de l'inter-rangs avec un enfouisseur inter-lignes à 70-80 kg/ha. Ainsi quand nous passons avec la houe, l'orge n'est pas détruite, mais elle l'est dès le premier passage de bineuse, souvent au stade 6 feuilles du maïs. Ainsi le temps que les taupins se réorientent vers les plants de maïs, ils sont hors d'atteinte ou très peu impactés par ces ravageurs  », explique Pascal Lalanne. Il est plutôt satisfait de cette technique efficace et peu coûteuse, il mesure 30 % d'attaques sur la partie traitée et seulement 10 % lorsqu'il utilise de l'orge en inter-rangs. 


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous