L'actu de Terres Inovia Tous les colzas ne sont pas égaux face aux ravageurs

Terre-net Média

Tous les colzas ne présentent pas la même sensibilité aux dégâts de ravageurs. L’observation des parcelles, le suivi des cuvettes jaunes pour les charançons du bourgeon terminal et la recherche de larves de grosse altise permettent de décider s'il est opportun de protéger la culture ou non.

ColzaL'observation est primordiale face aux charançons du bourgeon terminal et aux larves de grosses altises. (©Terres Inovia/Création Terre-net Média) Charançons du bourgeon terminal et larves de grosse altise : les colzas ne sont pas tous égaux face à ces ravageurs : l'observation est donc de rigueur !  Dans le cas du charançon du bourgeon terminal, la cuvette jaune permet de détecter son arrivée dans la parcelle mais contrairement à certaines idées reçues, il n’existe pas de relation entre le nombre d’individus capturés et les dégâts. Il est donc recommandé de s’appuyer sur l’analyse de risque issue du réseau de piégeage BSV qui permet d’établir une dynamique de vol à l’échelle de votre territoire.

> Retrouvez, chaque semaine, l'essentiel des observations tirées des bulletins de santé du végétal par département avec l'écho des plaines

Évaluer la « robustesse du colza »  face charançon du bourgeon terminal

Le risque charançon du bourgeon terminal est réduit sur un colza suffisamment développé qui pousse au cours de l’automne jusqu’à l’entrée de l’hiver. Ainsi, c’est bien l’état de développement du colza et la dynamique de croissance durant l’automne jusqu’en entrée hiver qui sont déterminants. La couleur du colza, la qualité de l’enracinement et la disponibilité en azote permettent d’évaluer sa capacité à poursuivre sa croissance.

Association de légumineuses gélives au colza = un plus 
Les associations de légumineuses gélives améliorent la nutrition azotée du colza. Les colzas associés sont plus riches en azote et valorisent mieux l’azote au printemps. Les associations participent au soutien de la croissance continue à l’automne et contribuent ainsi à l’évitement du risque ravageur.

En pratique :

- Évaluer l’activité du charançon du bourgeon terminal (BSV et parcelle) : Relever régulièrement vos pièges, consulter le bulletin de santé du végétal (BSV), qui vous renseignera sur la dynamique des vols et les risques d'entrée en ponte. Rappelons que la protection des colzas vise les adultes au moment de la ponte des femelles : l’arrivée des adultes signale le début de la période de risque.

- Évaluer la capacité du colza à poursuivre sa croissance (voir ci-dessous évaluation du risque agronomique) : « En surface » : mesurer la biomasse en kg/m² ou g/plante, observer la couleur des feuilles pour identifier des carences (azote, phosphore ...), une phytotoxicité et « sous terre » (longueur du pivot et état du système racinaire). C’est la combinaison de cet état agronomique et de la présence du ravageur (qui permet d’évaluer le risque à la parcelle et de décider le passage d’un insecticide.

Aide au diagnostic du risque charançon du bourgeon terminal (CBT) : évaluation du risque agronomiqueAide au diagnostic du risque charançon du bourgeon terminal (CBT) : évaluation du risque agronomique (©Terres Inovia)

Faut-il intervenir ?

Les interventions sont à envisager : si le niveau de risque annoncé dans le BSV est fort et captures significatives dans votre parcelle et et si le risque agronomique évalué par l’observation des colza est moyen ou fort.

Si une intervention se justifie, elle doit avoir lieu 8-10 jours après les premières captures significatives (durée moyenne pour la maturité sexuelle ou en suivant les données de maturation disponible dans certains BSV). Le traitement doit être positionné à ce moment pour empêcher les pontes et l’émergence ultérieure de larves de charançons du bourgeon terminal. La vigilance doit être accrue dans les parcelles qui ont levé tardivement (au stade 3-4 feuilles pour la plupart) … et dans les parcelle très hétérogènes.

Dénombrer les larves de grosse altise

Tout comme pour le charançon du bourgeon terminal, les colzas ne présentent pas tous la même sensibilité aux larves de grosse altise. Et lutter contre les adultes ne suffit pas à réduire le nombre de larves. Il faut aussi rechercher les larves dans les plantes et les dénombrer. Les observations se font à la parcelle car les dégâts sont très variables d’une situation à l’autre. Les larves minent les pétioles des feuilles et peuvent migrer au cœur des plantes au stade rosette ou dans les jeunes tiges. Ceci perturbe la croissance au printemps et peut entraîner la destruction du bourgeon terminal en cas de forte attaque avant décollement de la tige.

Il existe une méthode très simple pour compter les larves : la méthode Berlèse. Cela consiste à laisser sécher les plantes de colza (sans le pivot !) et à attendre que les larves quittent les plantes.

- Prélever 30 plantes, couper les limbes des plantes en conservant la nervure centrale et disposer les plantes sur un grillage au-dessus d’une bassine remplie d’eau et de mouillant.
- Placer ensuite le tout dans une pièce bien chauffée pendant au moins une semaine (2 semaines pour les gros colzas), le temps que les plantes sèchent et que les larves tombent.
- Compter le nombre de larves tombées tous les 2-3 jours et les en sortir pour éviter de les compter 2 fois ; arrêter les comptages quand plus aucune larve ne sort depuis 3-4 jours.

Méthode BerlèseAttention au risque de confusion avec les larves de mouche mineuse. (©Terres Inovia)

La larve d’altise mesure de 1,2 à 8 mm selon les stades. Elle présente une tête bien développée de couleur brune à noire et une plaque pigmentée à l’extrémité postérieure en fin de vie larvaire. Et surtout, elle possède 3 paires de pattes : c’est le critère discriminant !
De son côté, la larve de mouche mineuse a le corps allongé, sans tête, ni pattes. Elle est de couleur blanche (larve) ou marron-noire (pupe). Ce ravageur est peu nuisible au colza.

La dynamique de croissance durant l’automne jusqu’en entrée hiver est aussi déterminante face au risque larves d'altises. Il sera réduit sur un colza suffisamment développé qui pousse au cours de l’automne jusqu’à l’entrée de l’hiver. C’est la combinaison de cet état agronomique et de la présence du ravageur qui permet d’évaluer le risque à la parcelle. Une grille de risque simplifiée et adaptée au contexte régional est proposée ici.

Grille de risque simplifiée concernant les larves de grosse altiseGrille de risque simplifiée concernant les larves de grosse altise (©Terres Inovia)

Faut-il intervenir et avec quel produit ?

Les interventions contre les larves de grosse altise sont à envisager sur les risques moyen et fort. Dans le cas général, résistance KDR, hors secteur avec forte résistance, utiliser Daskor 440 /Patton M pour réduire la pression de sélection sur pyréthrinoïdes. Les pyréthrinoïdes conservent néanmoins une efficacité d’environ 50 % sur larves même en présence de mutation KDR. Les pyréthrinoïdes peuvent donc encore être utilisés mais leur efficacité est plus aléatoire et cela augmente la pression de sélection sur cette famille. Dans les secteurs où la résistance forte SKDR est généralisée (Yonne, Aube, Côte d’Or, Nièvre) le niveau de résistance est très élevé. Ne plus utiliser des pyréthrinoïdes seuls qui sont inefficaces ou des associations mais utiliser Boravi WG 1.5 kg/ha. Sur les secteurs où les premiers cas de résistance forte sont signalés, utiliser Boravi WG 1.5 kg/ha ou Daskor 440/Patton M 0.625 l/ha pour éviter l’expansion de la résistance.

Les pontes sont échelonnées. Ne pas se précipiter avant d’intervenir, de manière à faire « le plein » de larves. Tenir compte d’une intervention plus précoce sur charançon du bourgeon terminal, qui pourra aussi avoir (selon l’insecticide choisi) une efficacité sur les larves d’altises présentes. Renouveler les Berlèses toutes les 3-4 semaines y compris pendant l’hiver.

Etat des résistances connues sur la grosse altise en 2019État des résistances connues sur la grosse altise en 2019 (©Terres Inovia) 


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous