Moisson 2018 Un contexte difficile pour le colza

Terre-net Média

La moisson du colza vient juste de s'achever dans les Hauts-de-France. L'heure est aux premiers bilans pour cette campagne : Terres Inovia annonce un rendement national moyen de 31 q/ha, bien en-dessous des résultats records de l'année passée.

ColzaLa campagne colza 2018 a été marquée par un contexte climatique difficile et une forte pression ravageurs. (©Terre-net Média) La moisson des colzas s'achève dans la plupart des régions françaises et le constat est le même quasiment partout avec un rendement moyen national de 31 q/ha, en « net recul par rapport à l'année record de 2017 », selon Terres Inovia. Cette baisse de rendements s'explique par un contexte climatique difficile et une forte pression ravageurs.

L'institut technique révèle les premières tendances des rendements. Dans le Grand-Est, le rendement moyen en Lorraine ne devrait pas dépasser les 30 q/ha. En Champagne-Ardennes, les bonnes terres sont autour de 35 q/ha alors que les sols superficiels oscillent entre 28 et 30 q/ha. En Bourgogne-Franche-Comté, la rendement moyen est autour de 30 q/ha avec des différences faibles entre les départements. La récolte vient de se terminer dans les Hauts-de-France. Selon Terres Inovia, « la tendance est la même que dans les autres régions même si le potentiel de cette région est plus élevé ». Le rendement moyen est de 35 q/ha. 

Dans l'Eure, les résultats tournent autour de 32 à 35 q/ha. Pour la Seine-Maritime, la fourchette des rendements est très large : de 10 à 46 q/ha. En moyenne, les rendements oscillent entre 32 et 34 q/ha. En Basse-Normandie, la moyenne se situe entre 29 et 32 q/ha, avec une amplitude de 5 à 48 q/ha. Du côté du sud de l'Ile-de-France, la moyenne est comprise entre 34 et 37 q/ha avec une fourchette allant de 15 à 50 q/ha. Au nord des Yvelines et dans le Val d’Oise, la moyenne semble se situer proche de 30 à 32 q/ha.

Un climat peu favorable au développement du colza

Les excès d'eau durant l'hiver et le printemps ont entraîné « l'asphyxie au niveau des systèmes racinaires avec des pourrissements de racines et des pertes de plante ». Dans le nord-est de la France, les fortes gelées de fin février ont été « un facteur aggravant en réduisant la surface foliaire ». Ensuite, c'est le manque de rayonnement qui a perturbé la floraison avec un impact sur la croissance et la production des siliques, notamment dans la moitié Nord.

En fin de cycle, les « pluies bienvenues sur un colza affaibli n'ont pas permis un remplissage optimum des siliques pour compenser le faible nombre de graines et accumuler un taux d'huile correct ».

Une pression ravageurs importante

À noter aussi, une pression ravageurs « forte et difficile à maîtriser » pour cette campagne avec les altises et les limaces dès la levée avec la douceur de l'automne. Une présence forte du virus TuYV (jaunisse) a aussi été signalée sur l'ensemble de l'Hexagone. En l'absence de protection contre le puceron vecteur de la virose, les pertes de rendement sont en moyenne supérieures à 2 q/ha. « Des pertes de l'ordre de 10 q/ha » ont déjà pu être observées auparavant. « Sans dérogation, il n'y aura pas d'insecticide cet automne pour lutter efficacement contre le puceron vert », d'après Terres Inovia. Les agriculteurs pourraient alors être face à « une impasse technique majeure car les variétés résistantes à la jaunisse représentent moins de 20 % de la sole actuellement ». Les attaques de larves d'altises ont également été préjudiciables. Au printemps, les colzas ont subi une forte pression des méligèthes et par endroit, des charançons de la tige.

Selon l'institut technique, l'implantation constitue une « une étape clef pour résister aux ravageurs ». Les parcelles avec les meilleurs résultats à la moisson « sont généralement celles qui lèvent tôt, début septembre avec une croissance continue à l'automne ».


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous