Freinage, immatriculation, homologation Les évolutions de la réglementation ont bouleversé la filière machinisme

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Norme d'émissions moteur, Tractor Mother Regulation, double ligne de freinage, certificat d'immatriculation, homologation européenne... autant dire que les textes européens ne manquent pas. Ils ont bouleversé les standards de la filière agroéquipement. Les bureaux d'études sont à pied d'œuvre pour se conformer aux exigences draconiennes de Bruxelles. Côté agriculteur, pas évident de s'y retrouver !

Réglementation européenne en matière de matériel agricoleLa réglementation européenne en matière de matériel agricole s'est durcie depuis quelques années. Difficile de s'y retrouver pour les agriculteurs. (©Terre-net Média)

Ces dernières années, la réglementation concernant les machines agricoles a beaucoup évolué. En témoigne l'arrivée de la TMR (Tractor Mother Regulaton), qui a notamment levé les contraintes concernant la vitesse maximale autorisée des tracteurs. Sans oublier le freinage double ligne.

Les textes européens visent à augmenter la sécurité des opérateurs et à réduire l'accidentologie des véhicules agricoles, dont le gabarit ne cesse de croître. Depuis le 1er janvier 2018, les tractoristes doivent obligatoirement installer une double conduite de freins sur leurs machines, soit pneumatique, soit hydraulique.

Du côté du matériel attelé, les véhicules remorqués neufs des catégories S et R devront être équipés d'une double ligne (hydraulique ou pneumatique) en 2022. D'un point de vue homologation, la différence se situe au niveau de la vitesse autorisée. La version pneumatique permet de rouler à 40  km/h. Pas l'hydraulique. 

Les fabricants d'essieux travaillent le sujet car techniquement, il est probable que les véhicules simple et double essieux répondent aux mêmes exigences. Côté tridem, le défi semble plus difficile à relever car les temps de réponse et la progressivité du circuit sont plus difficiles à maîtriser.

Les engins de catégorie S pourraient rester à 25 km/h

En catégorie S, les constructeurs ne semblent pas être très intéressés. A priori, les marques devraient plutôt être tentées de conserver le dispositif actuel. En cause : les outils de cette catégorie circulent assez peu sur la voie publique. Du coup, dans cette configuration, la vitesse maximale autorisée restera à 25 km/h !

Difficile donc de s'y retrouver et de respecter les règles tant elles peuvent varier selon le type d'attelage. D'où la nécessité pour les agriculteurs de bien choisir leur stratégie au moment de renouveler les outils.

Chez Joskin par exemple, le réseau propose d'emblée le freinage pneumatique sur ses machines. Bien sûr, ceux qui souhaitent absolument rester en version hydraulique le peuvent. Mais ce n'est clairement pas la priorité du fabricant belge, qui déplore même que les acteurs de la filière n'aient pas réussi à s'accorder pour maintenir une unique technologie. 

Résultat : faute d'accord, les deux systèmes vont donc coexister. Selon Olivier Croix, dirigeant de Monroc essieux : « le risque est de voir l'offre se restreindre car les marques ne pourront pas ré-homologuer chaque engin de leur catalogue actuel. »

Pour éviter que le parc matériel ne soit caduc en l'espace d'une nuit, certains tractoristes ont trouvé des subterfuges. Ils ajoutent par exemple une simple conduite de freinage en complément de la double. Attention : veuillez noter que passé le 31 décembre 2024, ce montage sera interdit !


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