Agriculture de conservation des sols Bilan pour le premier anniversaire du label « Au cœur des sols »

Terre-net Média

Le label « Au cœur des sols », lancé officiellement par l'Apad (Association pour la promotion de l'agriculture durable) au Sia 2020, vient de souffler sa première bougie. Aujourd'hui, plus de 250 exploitations ont sollicité l'association pour être labellisées et 185 audits ont déjà été effectués.

Couverts végétauxLa labellisation des exploitations agricoles est soumise à un référentiel à points, qui repose sur la mise en œuvre des trois piliers de l'ACS et d'autres critères complémentaires. (©Alain Van de Kerckhove)À l'Apad, « nous sommes convaincus que l'agriculture de conservation des sols (ACS) est une agriculture durable et qu'elle produit des résultats pour les agriculteurs et pour la société. Il est possible de concilier production agricole et environnement », rappelle François Mandin, son président et également agriculteur en Vendée, lors du webinaire de l'Apad du 5 mars dernier. Une étude commandée par l'Apad a montré le réel besoin de communication et de pédagogie auprès des consommateurs à ce sujet, souligne Olivier Mevel, consultant spécialiste dans la transition alimentaire et auteur de l'étude

« Ce label "Au cœur des sols" est alors venu comme évidence après plusieurs années de travail au sein de l'Apad, note Laurent Terrient, agriculteur Apad Centre-Atlantique. Avec l'idée de faire connaître et reconnaître plus largement l'agriculture de conservation des sols », explique-t-il.

Retrouvez ici le webinaire complet : (cliquez sur le curseur pour lancer la vidéo)

Où en sommes-nous 12 mois plus tard ?

« Ce label est centré sur l'acte de production, rappelle Sylvain Delahaye, agriculteur en Normandie et administrateur de l'Apad. [...] Il a été créé par des agriculteurs et continue d'être géré par des agriculteurs. Toutes les régions participent pour représenter au mieux la diversité de l'agriculture française ». La priorité a été donnée aux adhérents de l'Apad, mais c'est ouvert aussi aujourd'hui aux associations partenaires du Réseau rural ACS.

« Après un an, on compte plus de 250 agriculteurs, qui nous ont sollicités pour être labellisés. 185 audits ont déjà été effectués et 65 sont planifiés pour les trois mois à venir, note Thibaud François, animateur de l'Apad Perche et chargé de mission label. Environ 92 % des fermes auditées "passent" le référentiel et nous serons donc bientôt à plus de 30 000 ha labellisés "Au cœur des sols" ».

Lire aussi le témoignage de Bernard Darosey, l'un des premiers agriculteurs labellisés : « Enfin une reconnaissance grâce au label Au cœur des sols ! »

Comment ça marche ? 

« Le label est soumis à un référentiel à points, précise Thibaud François. Il a été construit sur 80 points et l'objectif est d'avoir au moins 45 points pour être labellisé ». « Il ne s'agit pas d'un cahier des charges, mais bien d'un référentiel pour les agriculteurs, souligne François Mandin. L'objectif est de proposer une démarche d'accompagnement et d'amélioration des pratiques, qui s'appuient sur l'ACS ».  Dans le détail, la première partie des critères repose sur la mise en œuvre des trois piliers de l'ACS, avec des critères éliminatoires. Elle compte pour plus de la moitié de la note finale (41 points) », ajoute Thibaud François : 

  • le non-travail du sol, semis direct sous couvert végétal (au moins 70 % de la SAU doit être en semis direct) ;
  • la couverture permanente des sols (au moins 8 mois sur 12) ;
  • la diversité des espèces cultivées (quatre espèces différentes sur l'exploitation minimum) ».

À cela, s'ajoutent d'autres « critères complémentaires » (qui représentent 38 points) : 

  • l'approche collective (formation, travail de groupe, essais, ferme ouverte) ;
  • les pratiques favorisant la biodiversité (éléments paysagers, tailles de parcelles, ruches et nichoirs) ;
  • le suivi d'indicateurs (matière organique, vie du sol, bilan humique) ;
  • l'utilisation des produits phytosanitaires et intrants en général (suivi de formation, utilisation de produits et méthodes alternatives, part des intrants dans le produit d'exploitation).

« Ce référentiel a été construit par des agriculteurs et est revu tous les ans par le comité de référencement. Cette année, de nouveaux critères ont notamment été inclus pour les exploitations de viticulture et d'arboriculture ». Pour ceux qui le souhaitent, « un outil d'autodiagnostic est disponible sur le site web aucoeurdessols.fr », précise Sophie Gardette , directrice de l'Apad. 

Quelles perspectives ?

« Une vitrine a également été créée sur le site pour mettre en avant les produits labellisés en vente directe ». L'exploitation d'Adrien Beau, agriculteur Apad Centre Est, est labellisée depuis fin 2019-début 2020. « C'est une fierté de participer à ce projet collectif national. Cela représente une porte d'entrée pour la valorisation de nos produits », témoigne-t-il. « C'est aussi un moyen de crédibiliser nos pratiques et nos productions auprès du consommateur », ajoute Thomas Leroux, agriculteur Apad Picardie, dont la ferme est labellisée depuis 2020. 

La question de la valorisation économique est, bien sûr, au centre des actualités. « L'Apad est engagée dans un projet de rémunération des services environnementaux via le label bas carbone du ministère de l'agriculture et aussi via différentes initiatives locales en construction, explique Sylvain Delahaye. L'objectif est de valoriser le stockage de carbone et les co-bénéfices pour les agriculteurs en ACS. Dès 2021, la priorité sera donnée aux agriculteurs labellisés en 2020 et pendant le premier semestre 2021 ». Plus d'infos à suivre prochainement donc... 


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous