L'actu de Terres Inovia Colzas non-semés ou retournés : recherche désespérément tête de rotation

Terre-net Média

La sécheresse estivale a durement impacté les surfaces en colza, notamment sur l'est de la France. Si une partie de ces surfaces est déjà transformée en céréales d’hiver, il n’en reste pas moins la nécessité d’assoler ces cultures pour assurer la durabilité du système de production. Revue des oléo-protéagineux possibles et points d’attention.

Cultures de remplacement du colzaSur la région Grand Est, la baisse des surfaces de colza par rapport à la campagne passée pourrait avoisiner - 50 %. (©Pixabay/Terre-net Média)

La sécheresse à l’implantation constitue la principale fragilité du colza d’hiver face au changement climatique. Cette année encore les surfaces en colza dans l’est de la France sont fortement impactées. La situation est très hétérogène selon les secteurs voire les communes. Les surfaces sont au rendez-vous et les colzas sont bien implantés dans les secteurs servis par les pluies d’orage cet été. À l’inverse, les surfaces en colza sont proches de zéro dans les secteurs qui n’ont pas enregistré de pluie efficace (au moins 10 mm en une seule fois) de juillet à mi-septembre.

En Bourgogne, les surfaces restent sur le plancher de surface historiquement bas depuis 2 ans. Sur la région Grand Est, la baisse de surface par rapport à l’an passé sera importante et pourrait avoisiner - 50 % (chiffre très variable selon les secteurs, à conforter en sortie d’hiver).

Assoler les céréales pour pérenniser son système de culture

La situation devrait conforter la place croissante du tournesol dans les assolements lorrains, champenois et bourguignons. Même si le rendement s’ajuste dans les situations soumises au stress hydrique estival (20 q/ha en moyenne cette année dans ces situations), le tournesol reste une culture d’été attrayante qui tire son épingle du jeu par rapport au maïs très lourdement impacté par le stress hydrique. Il est par ailleurs un précèdent très correct pour un blé semé en direct. Les surfaces en pois de printemps et dans une moindre mesure en maïs devraient également croître. Mais attention, ces dernières cultures ne peuvent pas s’envisager dans les sols aux réserves hydriques limitées.

Rappel des points clés pour choisir une culture de substitution aux colzas non semés ou retournés
  • Tenir compte des herbicides éventuellement appliqués sur colza
  • Adapter la culture au contexte pédoclimatique et évaluer les performances agronomiques dans la rotation (gestion des graminées, effet précédent)
  • S’assurer du débouché local et des possibilités de collecte
  • Anticiper le recours éventuel à l’entreprise
  • Espèce s’insérant dans de nombreux contextes. Attention à ne pas semer trop tôt.

Un panel de choix important dans les sols profonds

Comme toujours, tous les producteurs n’ont pas les mêmes opportunités. Dans les sols profonds presque toutes les cultures de printemps peuvent s’envisager : tournesol, pois de printemps, soja (hors sol de craie), lin oléagineux, féverole… voire même de façon plus anecdotique car beaucoup plus risqué du colza de printemps. Dans les sols à faible réserve utile, le tournesol sera sans aucun doute la première culture de remplacement du colza.

Toutefois si on souhaite répartir les risques vis-à-vis du stress hydrique et ne pas tout basculer en culture de printemps, on peut s’interroger sur la place du pois d’hiver dans ces systèmes. Depuis l’explosion de la bactériose en 2016, le pois d’hiver soufre de désamour et les surfaces sont très limitées (5 500 ha en 2019 sur le Grand Est). Il est clair que ce risque, entièrement conditionné par le climat (blessures de gel suivies de conditions humides) sans moyen de lutte efficace, demeure un problème pour la rentabilité de la culture. Mais il ne se concrétise pas tous les ans et les cas de forte nuisibilité ne concernent qu’une minorité de parcelles depuis 2016.

Toutes les cultures sont aujourd’hui associées à une prise de risque qu’il est difficile de chiffrer et d’anticiper. C’est à chaque producteur de faire son choix en fonction de sa connaissance du milieu, de son équipement, de son intérêt et de sa capacité à prendre ou non un risque.

Terres Inovia livre quelques références techniques (Est) pour ces différentes cultures de remplacement potentielles :

Cultures de remplacement du colzaCultures de remplacement potentielles. (©Terres Inovia)

* Charges comprenant le coût de la semence et les intrants (fertilisation, désherbage, fongicides et insecticides).
** Aides couplées fixées pour la campagne 2019 : 33,7 €/ha soja, 187 €/ha pois et féverole, 112 €/ha chanvre


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