Témoignages d'agris « J’alterne charrue déchaumeuse et scalpeur à dents selon les situations »

Nathalie Tiers Terre-net Média

Respectivement agriculteurs dans la Sarthe et en Vendée, Nicolas Mensen et Fabrice Guillet ont tous les deux abandonné le recours à la charrue classique sur leurs exploitations. Ils nous expliquent leurs différentes démarches.

Charrue déchaumeusePour Nicolas Mensen, en plus d’entraîner une diminution de la consommation de carburant, la charrue déchaumeuse ne lisse pas ni ne tasse. (©OVLAC)

Céréalier bio à Savigny-sous-le-Lude (Sarthe), Nicolas Mensen cultive 90 ha en bio, principalement en blé, orge, triticale, avoine, tournesol et sarrasin. « Dans nos limons battants, nous avons progressivement réduit le travail du sol, puis abandonné la charrue classique au profit de la charrue déchaumeuse et du scalpeur à dents », indique l'agriculteur.

Ces deux outils complémentaires, « nous les alternons au printemps et à l’automne selon le salissement des parcelles, les conditions météo et la culture à venir. La charrue déchaumeuse travaille entre 10 et 20 cm de profondeur selon le volume de résidus à recouvrir. Principal objectif : laisser entrer l’oxygène pour améliorer la dégradation de la matière organique. Les socs plus droits de l’outil évitent de lisser et de tasser la terre. Il a davantage un effet d’arrachement. 120 ch suffisent pour tracter un modèle de huit corps en 3,05 m et la consommation de carburant diminue. Quant au scalpeur, il découpe les adventices sans brasser la terre. Nous l’utilisons avec des socs à plat pour travailler en surface, ou inclinés pour détruire les rhizomes plus profonds. En 5,85 m de largeur de travail, l’outil demande 120 ou 200 ch selon le type de soc et la profondeur ». 

« En bio, le salissement des parcelles reste difficile à maîtriser, c’est pourquoi nous introduisons de la luzerne, vendue à des éleveurs. C’est très efficace contre les chardons ! Une ou deux coupes sont broyées pour apporter de la matière organique au sol. »

« Je sème les céréales avec une trémie frontale et un Compil Duro derrière »

Polyculteur-éleveur au Poiré-sur-vie (Vendée), Fabrice Guillet a aussi abandonné la charrue classique, depuis 20 ans. Il témoigne : « sur 330 ha, je produis maïs, blé, orge, méteils et prairies. Je sème en direct et au strip-till pour le maïs. Je suis équipé d’un Compil de Duro depuis deux ans ; je me prépare au retrait du glyphosate. L’outil est complété par une trémie frontale dont le rôle est de déposer les semences, qui sont ensuite mélangées à la terre en surface ».

« Je passe donc une seule fois sur les chaumes de maïs. Idem sur les couverts d’été vivants, précise Fabrice Guillet. J’économise du carburant, d’autant plus que ce n’est pas tirant. Le Compil attaque le couvert et laisse un matelas végétal en surface dans lequel les céréales lèvent. J’implante un couvert gélif avec du tournesol, du sorgho ou du lin. S’il est dense, je passe une première fois au Compil ou au rouleau crosskill. De même, il m’arrive de broyer les chaumes de maïs s’ils sont coupés haut. Le Compil travaille aussi après la récolte du méteil et avant le maïs. Je le règle à 3-4 cm de profondeur pour bien arracher les adventices type géranium, et mélanger la terre aux végétaux. Le tout en planifiant le terrain. Et si le champ se salit, j’en fais une prairie temporaire. »


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