L'actu de Terres Inovia Larves d'altises : top départ pour les tests Berlèses

Terre-net Média

Les premières grosses altises adultes ont été capturées à partir de la mi-septembre. Les premières larves de grosses altises (stade L1) sont déjà visibles pour certaines régions. Le test Berlèse est alors votre meilleur allié, selon Terres Inovia.

Larves d'altisesLa méthode Berlese peut être utilisée de façon assez rapide et permet sans effort de détecter et dénombrer toutes les larves. (©Terres Inovia)

Selon les régions, la période de surveillance peut désormais débuter. L'observation des larves d'altises sera à renouveler régulièrement soit pour vérifier l'efficacité d'un traitement appliqué, soit pour s'assurer que les infestations n'ont pas brutalement progressé.

Les larves les plus dommageables colonisent les colzas bien avant l’hiver

Au début de leur vie, les larves sont relativement mobiles et s’introduisent par la face supérieure des pétioles des feuilles. Au gré des conditions, elles poursuivent leur développement pendant l’hiver en minant et se réfugiant dans les pétioles des feuilles. Le gel ne tue pas les larves. Dans le pire des cas, les larves gagnent le cœur des plantes avant ou pendant la reprise de végétation en sortie hiver.

Pour cette raison, il convient d’anticiper ! La lutte en novembre/décembre reste la plus efficace.

> Chaque semaine, retrouvez l'essentiel des observations extraites du Bulletin de santé du végétal par culture (blé et colza) et par région avec l'écho des plaines

Pas de discrimination, diagnostiquez tous vos colzas

L'expérience des années récentes montre qu'il convient d’examiner tous types de colzas (gros, petit, sain, stressé, avec ou sans protection insecticide, etc.). Les niveaux de captures, d’attaques et de présence des grosses altises adultes en début de cycle ne doivent pas servir de pronostic sur le niveau attendu d'infestation larvaire.

Berlèse = plus simple et plus fiable

La méthode Berlèse peut être utilisée de façon assez rapide et permet sans effort de détecter et dénombrer toutes les larves. L’essayer c’est l’adopter !

Attention à ne pas confondre les larves

De nombreux techniciens signalent la présence d'autres larves lors de la réalisation de test Berlèse ou lors d'observations directement sur les plantes. Le plus souvent sans pattes, il s'agit de larves de diptères et non d'altises d'hiver. 

 Mouche du chou (sur les racines)Autres diptères dans les pétioles et feuillesGrosse altise dans les pétioles à cette époque de l'année

Pour faire les tests Berlèse, bien couper les racines des pieds de colzas, vous limiterez ainsi la présence des larves autres que celles de la grosse altise, comme celle de la mouche du chou par exemple.

Gauche : larve de grosse altise au stade L1 Droite : larve de diptèreGauche : larve de grosse altise au stade L1. Droite : larve de diptère. (©Terres Inovia) 
Taille5 mm5 mm

2 mm au stade L1
4 mm au stade L2
6 à 9 mm au stade L3

Formelarve doduelarve allongéelarve allongée + 3 paires de pattes
 

Risque très inféodé à la parcelle !

Le risque de dommages liés à la présence de larves d’altises dans un colza dépend de plusieurs facteurs :

  • type d’infestation : nombre de larves, date de leur apparition et dynamique de développement,
  • conditions de milieu : réserve d’azote / phosphore disponible dans le sol, météo hivernale et post-hivernale,
  • biomasse foliaire produite par le colza avant l’hiver et sa capacité ou non à soutenir cette dynamique de croissance le plus tardivement possible (dans le contexte de l'année, nous observons ces derniers jours des parcelles qui tendent à rougir rapidement, prudence),
  • qualité racinaire des plantes (état sanitaire, forme et taille des pivots).

Raisonnez la protection insecticide au cas par cas à la parcelle. Les enjeux liés aux phénomènes de résistance et à la durabilité des solutions chimiques sont tels que chacun doit se sentir responsable.

> Nouveau : OAD interactif de Terres Inovia
En quelques clics, cet outil estime le risque liés aux larves de grosse altise. Il permet de combiner l'aspect agronomique de la parcelle à la pression du ravageur.  Cet outil a été construit en intégrant des résultats d'essais et l'expertise des agents de Terres Inovia.

N’intervenez qu’en cas de besoin 

En règle générale, si le seuil de 2-3 larves par plante (ou 70 % des plantes avec au moins une larve) est atteint, intervenez avec un insecticide approprié (voir plus bas).

Les colzas à biomasse >1,5 kg/m² le jour de l’observation, ayant une qualité d’enracinement, une croissance continue à l’automne-hiver et une reprise de végétation avant le 25 février supporteront davantage les larves d’altises. Dans ces situations le seuil de traitement peut être réhaussé à 5 larves par plante.

Attachez une réelle importance aux fortes infestations conjuguées à des risques élevés (petit colza, faim d’azote, pivots défectueux, reprises tardives, etc.). Les dégâts sont généralement plus sévères, faute de vigilance.

Dans les régions où les larves arrivent tôt (mi à fin octobre) et où les hivers sont doux -secteurs maritimes notamment- maintenez une surveillance des parcelles jusqu’à fin décembre car des ré-infestations larvaires sont possibles.

Avec quoi intervenir si nécessaire ?

En l’absence de forte résistance (SKDR) des grosses altises, les pyréthrinoïdes conservent une efficacité sur larves d'altises. La lambda-cyhalothrine (Karaté Zéon dans les essais Terres Inovia) est plus efficace que Boravi WG, que la deltaméthrine (Decis Expert, Decis Protech, Deltastar…) ou la cyperméthrine (Cythrine max, Sherpa100EW).

L’étofenprox (Trebon30EC) ne donne pas de résultats aussi intéressants que Karaté Zéon ou Boravi WG. Le taufluvalinate (Mavrik Smart) et l'esfenvalérate (Mandarin Gold) ne procurent pas de résultats convaincants dans les premiers essais disponibles jusqu'à présent.

Tout usage exclusif de pyréthrinoïdes augmente inévitablement la pression de sélection sur cette famille. Boravi WG est une alternative pour limiter la pression de sélection sur les pyréthrinoïdes et retarder l’apparition de mutations S-Kdr. Boravi WG est préconisé dans un programme avec alternance Boravi WG/pyréthrinoïdes en tenant compte des différentes menaces successives amenées par les coléoptères (altises adultes, CBT, larves d’altises) de la fin d’été à l’entrée d’hiver

Quel que soit le produit, appliquez en conditions favorables à l'activité des larves et à leur déplacement (températures moyennes > 7°C).

Les insecticides sont efficaces sur des larves d'altises L1 et L2

Pour être efficace, l’intervention chimique doit être positionnée, après avoir « fait le plein », de larves aux stades sensibles (L1 et L2), c'est-à-dire lorsque les larves sont encore mobiles.

Les applications « en pompier » de sortie hiver ne sont pas justifiées car le produit n’atteint pas les larves plus âgées qui séjournent dans les pétioles depuis longtemps.


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