Paroles de lecteurs Suicide agricole : la marche citoyenne de Patrick Maurin brise le silence

Terre-net Média

La marche citoyenne de plus de 500 km, entamée par l'élu marmandais Patrick Maurin le 23 septembre pour dénoncer le suicide des agriculteurs, a fait sortir les lecteurs de Terre-net du silence sur un sujet dont ils parlent très peu habituellement parce qu'il reste tabou dans le monde agricole.

paroles de lecteurs marche citoyenne patrick maurin suicide des agriculteurs « Félicitation, c'est très courageux d'évoquer ce fléau », fait remarquer Moty. « Malheureusement, les échouages de cétacés sur les plages émeuvent beaucoup plus l'opinion », déplore Titian. (©Patrick Maurin // Création Terre-net Média) Moty : « Bravo pour cette démarche ! J'essaierai de venir vous rencontrer pendant votre marche. Il est vrai que nous avons de plus en plus de pression, comme la plupart des chefs d'entreprise d'ailleurs. D'un côté, les normes ; de l'autre, l'excès de paperasse, la gestion économique, la gestion du personnel, la gestion du temps... tout cela fait beaucoup pour nous, agriculteurs. Certains s'en sortent bien car ils sont très organisés et ont des objectifs très clairs. Mais de nombreux éleveurs, souvent écrasés par leur charge de travail et les difficultés économiques, n'arrivent plus à prendre du recul. Petit à petit, la routine et surtout l'usure s'installent. Pour certains, c'est la solitude et l'isolement, puis le sentiment d'être pris au piège dans un système. Effectivement, le problème du suicide chez les agriculteurs est multifactoriel. Toutefois, je pense que dans le monde paysan, nous n'avons pas une ouverture suffisante sur l'extérieur, y compris dans nos parcours scolaires. »

Debout : « Félicitation, c'est très courageux d'évoquer ce fléau. Les crises agricoles ont toujours existé, mais les mutations que veulent imposer nos dirigeants sont tout sauf des mutations ! C'est le déclin de l'agriculture, tout simplement... Les politiques ne veulent pas l'avouer. Ils sont impuissants face à cette situation, c'est honteux et grave pour un pays comme le nôtre. Que ceux qui critiquent les exploitants agricoles pour leur façon de travailler ne se fassent pas d'illusions : les agriculteurs vont disparaître en France. Et les Chinois achèteront leurs terres pour emmener la nourriture chez eux... L'augmentation des suicides chez les agriculteurs devrait alerter l'opinion publique et l'État. (...) Ce dernier ne fait plus rien pour l'agriculture française. De toute façon, avec l'Europe, il ne peut plus la défendre ! » 

Tomy : « Bravo pour cette marche de sensibilisation. Maintenant que faire contre ce fléau ? Dans un contexte d'agriculture mondialisée, voulu par les différents gouvernements et les agris productivistes, nous ne fixons plus du tout les prix de vente de nos produits. Beaucoup d'agriculteurs sur-endettés le sont car ils sont pris dans un système infernal avec des charges très élevées. Dans certaines régions de France, à force d'éliminer les paysans et de mécaniser, c'est le désert humain qui s'est installé. Pour les unes, c'est la solitude, pour d'autres, l'isolement car être en difficulté est souvent très compliqué à assumer. Pourtant des solutions existent : s'orienter vers des fermes de taille plus modeste, avec moins d'emprunts, une charge de travail plus raisonnable... »

«  L'échec est très mal vécu par les agriculteurs, Il est même honteux »

Retrouvez deux Paroles de lecteurs à propos de l'achat de terres agricoles par les Chinois :
Foncier : les agriculteurs français redoutent l'arrivée en force des Chinois
Foncier agricole : les Chinois refont parler d'eux

Maxens : « Très belle initiative en effet, même si pour éviter le suicide, ce n'est pas d'une marche dont les paysans ont besoin, mais de prix rémunérateurs pour pouvoir faire vivre décemment leur famille et ne pas avoir à ressentir un tel sentiment d'échec. Ensuite, il faut que les consommateurs se regardent dans une glace, eux si prompts à critiquer les modes de production agricoles français, alors que leurs modes de consommation sont loin d'être exemplaires et privilégient les prix bas. »

MDR : « Des suicides, il y en a toujours eu dans les campagnes. L'échec est très mal vécu par les agriculteurs. Pour eux, il est honteux. Et les voisins, exploitants également, ne feront rien pour arranger les choses... » 

Titian :  « Certes, ce problème est multifactoriel et ne date pas d'aujourd'hui mais l'accroissement des tensions économiques n'aide pas. Malheureusement, les échouages de cétacés sur les plages, autre espèce en voie de disparition, émeuvent et mobilisent beaucoup plus l'opinion. »

Opposer éleveurs et céréaliers sur un sujet si dramatique : un peu de décence tout de même...

Et...  : « 99 % des suicides se produisent en élevage. Les céréaliers pleurent beaucoup, mais ils ont du temps et de l'argent. En cherchant sans cesse à s'agrandir et en faisant monter le prix des terres, ils ont une part de responsabilité dans tous ces drames. »

Maxens :  « Vous avez l'air de regretter qu'il n'y ait pas plus de suicides chez les céréaliers. Rassurez-vous, cela finira par arriver. Mais ne vous faites aucune illusion, cela ne baissera pas le nombre de suicides chez les éleveurs. »

Flutieau  :  « On ne m'enlèvera pas de l'idée qu'une partie des exploitants agricoles voisins du défunt pensent, dès l'annonce de sa mort à la façon de récupérer ses terres. On n'en serait peut-être pas là s'il y avait eu en amont un meilleur partage des surfaces ou plus d'entraide. D'ailleurs, le pire ne serait sans doute pas arrivé. S'il y a des facteurs externes au suicide des agriculteurs, nombreuses sont aussi les causes internes liées à votre façon d'exercer votre métier. »

En profiter pour faire de l'agribashing, c'est encore pire !

Flutieau : « Patrick Maurin peut aussi marcher pour les malades de Parkinson à cause des pesticides. Le lien entre cette pathologie et l’exposition professionnelle aux produits phytos a été démontré puisqu'elle est plus fréquente chez les agriculteurs. »

PàgraT : « Flutieau, se servir du suicide en agriculture pour pratiquer l'agribashing, il fallait oser ! Vos propos sont complètement irrespectueux vis-à-vis des familles victimes de ces drames, vous ne valez pas mieux que ceux que vous dénoncez. Ici, on parle de suicide, pas de pesticides ! »

Monique : « Y en a marre de tous ces intervenants qui viennent pourrir des sujets qui ne sont déjà pas suffisamment pris au sérieux ! On les appelle "trolls", non ? La discussion porte sur le suicide en agriculture. Rien à voir avec votre délire sur les produits phytosanitaires. Apprenez au moins ce que veut dire le mot "respect". »

Flutieau  : « La décence n'est pas unilatérale. Elle serait aussi d'arrêter de pulvériser sous le nez des autres. Par ailleurs, il y a également de nombreux suicides dans d'autres professions et secteurs économiques. »

Zozzo  : « @Flutieau, vous venez "troller" ici avec une fake news qui n'a rien à voir avec le suicide en agriculture. C'est justement à cause d'attaques comme les vôtres que de nombreux producteurs se sentent rejetés par la société. Est-ce trop vous demander de respecter nos morts et leur famille ! »

Flo : (...)  « Après, faut pas s'étonner que ces gens commettent l'irréparable... Ils doivent travailler avec des lois de plus en plus aberrantes, des contrôles toujours plus stricts, des marchés agricoles qui ne cessent de fluctuer et de dégringoler, sans pouvoir en tirer de quoi vivre dignement, le tout en étant qualifié "d'empoisonneurs" par la société et dans les médias alors qu'ils sont les seuls réellement exposés aux produits phytos puisqu'ils sont les seuls à les manipuler purs et à les pulvériser. »

Poly : « Le problème du suicide en agriculture n'est pas prêt de cesser. Seuls des prix rémunérateurs et durables diminueront ce phénomène et encore à condition que l'administration nous laisse tranquille et ça, ce n'est pas prêt d'arriver ! »

Le cheval de devant : « Pour en sortir, il faut une politique agricole européenne semblable à celle des États-Unis où le gouvernement affiche un soutien sans faille à ses farmers. Il faut un vrai soutien financier pour ces hommes et ces femmes, qui représentent le dernier tissu social de nos campagnes. »

Sur le suicide agricole, lire la lettre d'Isabelle Clément, agricultrice :
« J'en ai marre de voir mon métier d'agricultrice mis au pilori »

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