Moisson 2021 Du rendement à la qualité, une moisson 2021 marquée par une forte hétérogénéité

Terre-net Média

Dans un premier bilan réalisé avant la fin de la moisson, FranceAgriMer, Arvalis et Terres Inovia évoquent des rendements plutôt satisfaisants en moyenne mais très disparates selon les zones. Côté qualité des grains, a priori on évite la catastrophe, même si l’hétérogénéité domine là aussi.

Moissonneuse en actionLes intempéries de l'été 2021 ont compliqué et retardé la moisson, et font encore craindre pour la qualité des grains (©Pixabay) FranceAgriMer, Arvalis et Terres Inovia ont dressé dans un communiqué un bilan estimatif de la récolte 2021 à la mi-août. Une récolte encore inachevée à cause des pluies régulières depuis fin juin sur tout l’Hexagone et «  préjudiciables à certains critères de qualité ». Les rendements nationaux sont estimés « supérieurs à la moyenne quinquennale pour les principales céréales à paille » mais marqués par de fortes disparités.

Plus précisément, les trois organismes indiquent pour le blé tendre que « les protéines sont au rendez-vous » mais que « les poids spécifiques ont été altérés par les pluies estivales ». De fait, ils notent des résultats très contrastés à cause du contexte climatique. Les cultures ont subi une forte chaleur au moment du remplissage, « suivie d’une humidité persistante alors que les blés avaient atteint leur maturité physiologique ». Résultat : sur les parcelles déjà récoltées, des «  poids spécifiques irréguliers et en retrait par rapport au potentiel des variétés », surtout sur les parcelles moissonnées après les pluies. Des poids spécifiques « d’un  niveau satisfaisant » sont pour l’instant relevés pour les premières coupes en Hauts-de-France et « des opérations renforcées d’identification et de tri » seront souvent nécessaires chez les opérateurs.

On peut s’attendre à une récolte « globalement satisfaisante » sur le critère « temps de chute de Hagberg » malgré quelques faibles valeurs ci et là et des « conditions de fin de récolte préoccupantes localement ». Pour la teneur en protéines, des tendances se dégagent au-delà des disparités entre parcelles : des teneurs élevées voire très élevées en Alsace et dans le sud et l’ouest du territoire, des teneurs satisfaisantes à bonnes en Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Normandie, Champagne-Ardenne, Hauts-de-France et Lorraine.

Selon les services statistiques du ministère, « la production de blé tendre est estimée à 36,7 millions de tonnes (Mt) », soit une hausse de 10 % par rapport à la moyenne quinquennale, et le rendement moyen à 74,2 q/ha (+ 8 %). Les surfaces cultivées ont beaucoup progressé par rapport à l’an dernier (+ 16 %), surtout en Poitou-Charentes, Pays de la Loire et Centre-Val de Loire.

Retrouvez ici les estimations d'Agreste en blé tendre département par département !

Un rebond est observé quasiment partout en orges d’hiver :  la production atteindrait 8,3 Mt (+ 27 % par rapport à 2020) et le rendement moyen 69,7 q/ha (+ 12 % par rapport à la moyenne quinquennale). Malgré une météo capricieuse en sortie d’hiver, les composantes de rendement (nombre d’épis, fertilité épis, poids de mille grains) ont pu se mettre en place correctement, précise le communiqué. Et « les teneurs en protéines, majoritairement situées entre 10 et 11 %, devraient satisfaire les utilisateurs brassicoles ». Les poids spécifiques sont en moyenne assez faibles, mais « sans incidence sur la valeur d’utilisation des orges pour les animaux ». Les calibrages sont globalement « corrects voire bons », mais « cachent des disparités entre parcelles ».

Pour les estimations en orge d'hiver, c'est par ici !

En colza, le rendement moyen s’établirait à plus de 35 q/ha et la production globale à 3,3 Mt, soit à peu près autant que ces deux dernières années, « malgré une baisse des surfaces de 15 % au niveau national ». Le rendement annoncé « dépasse les espérances » dans certains cas, grâce aux conditions météo de ces dernières semaines qui ont favorisé la nouaison et le remplissage des grains.

Des records à plus de 50 q/ha sont enregistrés dans certaines parcelles du Centre-Val de Loire et de l’Ouest. FranceAgriMer, Arvalis et Terres Inovia font néanmoins état de grains germés observés dans une partie des récoltes de l’est de la France, « de façon significative sur certains territoires ». Quant à la teneur en huile de la collecte, elle est estimée « dans la moyenne des dernières années ou légèrement en retrait ».

En blé dur, les rendements moyens « globalement bons » à l’échelle nationale cachent une « très forte hétérogénéité entre régions ». Du côté de la qualité, l’indice de chute de Hagberg a été dégradé dans certaines régions à cause des conditions pluvieuses en fin de cycle et la situation est « très contrastée » pour les autres critères de qualité (teneur en protéines, poids spécifique).

Les rendements en orges de printemps s’annoncent en hausse par rapport à la moyenne quinquennale (63,2 q/ha contre 58 q/ha) et la « teneur en protéine devrait satisfaire le marché brassicole ». Quant aux calibrages, ils sont « assez hétérogènes ».

Le communiqué annonce enfin une « fin de campagne décevante » en pois. Les épisodes frais et pluvieux qui se succèdent depuis mi-juin ont « favorisé les maladies de fin de cycle et entraîné des verses importantes et des pertes à la moisson », le poids de mille grains serait en retrait, la qualité des lots hétérogène, le rendement moyen autour de 33 q/ha. Les rendements s’annoncent très bas en féverole d’hiver (sous les 20 q/ha), surtout à cause du gel d’avril et des viroses ; le potentiel s’annonce plutôt bon en féverole de printemps.


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