Vu sur Youtube Cultiver un champ de colza sans l'avoir semé, le pari osé de David Forge

Terre-net Média

Dans une vidéo diffusée sur Youtube, David Forge, agriculteur en Indre-et-Loire, présente un champ de colza un peu particulier. En effet, ce dernier, d'une surface de 5 ha, n'a pas été semé. Il était déjà en colza l'année dernière et voyant des repousses denses et homogènes, l'agriculteur a décidé de tenter le coup et de les conserver cette campagne.

Une fois la parcelle de colza récoltée, David Forge a passé un coup de cover-crop courant juillet 2019, qui a permis « d'intégrer les graines de colza perdues à la moisson dans les premiers centimètres du sol. À la base, ce coup de déchaumeur était fait pour intégrer les pailles, casser les tiges et les restes du colza... Je n'avais pas l'intention de faire germer ces graines », explique l'agriculteur youtubeur dans une vidéo publiée sur sa Chaîne agricole.

« La levée s'est montrée toutefois homogène et très dense », « j'ai donc choisi de tenter le coup », ajoute David Forge. Il laisse alors la culture évoluer jusqu'à octobre, pour décider ou non de retourner et de semer de l'orge à la place. En octobre, le champ de colza est toujours homogène et propre. L'agriculteur passe alors un coup d'outil à dents afin « d'éclaircir la culture et limiter ainsi la densité de plantes ».

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Il a ensuite réalisé une conduite assez classique : premier apport azoté liquide (+ soufre en solide) en février, deuxième apport en mars et passage d'un fongicide contre le sclérotinia en avril. « Les apports d'engrais ont tout de même été limités : - 30 à 35 % qu'habituellement, car le colza de l'année en avait laissé quand même pas mal et puis j'ai révisé à la baisse l'objectif par rapport aux autres colzas de l'exploitation (38 ha en tout), semés intentionnellement », précise l'agriculteur. Côté adventices, la parcelle est restée très propre, juste « nécessaire de désherber contre les graminées huit mètres autour du champ ». Une protection insecticide a également été réalisée contre les charançons du bourgeon terminal.

L'année dernière, la parcelle avait été semée avec un mélange variétal : 50 %  Pamela (lignée) et 50 % variété DK Extenso (hybride).

« Jouer l'opportuniste »

Bien sûr, David Forge ne fait pas cela tous les ans : « généralement rien ne vaut un semis classique, où on va pouvoir contrôler la préparation du sol... ». De plus, « les repousses ne sont pas jolies chaque année et je préfère privilégier l'alternance des cultures ». Mais vu le contexte très compliqué des semis de colza l'année dernière (sécheresse), l'agriculteur a choisi de « jouer l'opportuniste avec ce champ » : « gardons tout ce qui peut pousser en colza », surtout dans « des terres à cailloux ». Il préfère « ne pas engager trop de frais dans ses terres à faible potentiel ».

David Forge nous donne maintenant rendez-vous à la moisson pour connaître le verdict final.

Avez-vous déjà aussi conduit un champ de colza non semé ? Qu'en pensez-vous ? N'hésitez pas à laisser un commentaire.

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