Paroles de lecteurs Des semis difficiles pour vous tous, mais reprendre la charrue divise

Terre-net Média

La météo très pluvieuse complique les semis d'automne pour tous les lecteurs de Terre-net. Certains en deviennent même irritables ! Quant à la question de labourer ou non avec ces conditions difficiles, notamment pour ceux qui avaient abandonné cette pratique... posée dans le titre d'un article la semaine dernière, elle obtient des réponses plutôt partagées.

paroles de lecteurs retour au labour semis difficiles a cause de la pluieSelon Pàgrat, décider de semer à telle ou telle date, « est ni plus ni moins un pari » !(©Terre-net Média)

Éric17 : « 310 mm d'eau depuis le 20 septembre en dessous de Saintes (Charente). Du coup, les parcelles semées sont très très rares à 30 km à la ronde. »

44 : « Dans le 44, les semis finis ou pas, on peut laver le semoir. (...) On verra les cultures de printemps... Pour la paille, ça va être une catastrophe. »

stan : « Il pleut tous les jours, le salarié tourne en rond, on répare les bâtiments, on cure, etc. »

Réaliste : « Chez nous, ça va sûrement finir en semis à la volée + vibroculteur pour enterrer la semence. Mais malgré tout, il faudra deux jours de sec avant de pouvoir rentrer dans les champs. »

Pipo : « Je vous déconseille le vibro, le grain sera trop creux. Préférez la rotative (sans packer ni rouleau évidement ! à 3/4 cm. »

Au 11 novembre, selon les dernières données de l'observatoire Céréobs de FranceAgriMer :
  • 72 % des blés tendres sont semés (contre 92 % en 2018 à la même date) et 52 % sont levés (contre 66 % en 2018), soit + 5 points par rapport à la semaine dernière.
  • 83 % des orges d'hiver sont semées (95 % en 2018) et 68 % sont levées (77 %), soit + 2 points par rapport à la semaine dernière.
  • 22 % des blés durs sont semés (39 % en 2018) et 6 % sont levés (14 %), soit + 4 points par rapport à la semaine dernière.

Impossible de semer dans beaucoup de régions...

The germs : « Tout le monde est à l'arrêt en pointe Bretagne. On a eu 29 jours de précipitations en octobre... Une première depuis plusieurs décennies. On attendait la pluie, alors, on ne va pas se plaindre ! Il reste encore quelques maïs debout, alors les semis de céréales ne sont pas ce qui nous préoccupe le plus pour l'instant. Je vais probablement sortir la charrue sur certaines parcelles pour les semis d'hiver. Quoi qu'il en soit, bon courage à toutes et tous !! »

steph72 : « Parfois, dans certaines parcelles, il est préférable de ne pas avoir semé. L'eau reste en surface et le blé pourrit. »

Bouillon : « J'ai un Amazone D 8 acheté 2 500 € d'occasion avec une herse rotative 3 m et je ne peux pas semer non plus (on a pas pu le faire plus tôt, on était au maïs ). En plus, ce sont des terres grasses et glaiseuses en lisière de forêt. (...) Mais bon, faut être patient... »

Pipo : « Vous devriez jeter le blé à la volée au centrifuge et "recacher" vite fait à la herse rotative. Vous auriez fini depuis longtemps ! »

... mais inutile de s'énerver !

Pipo : « Je sème 40 ha/jour quel que soit le temps depuis plus de 20 ans et mon père pareil avant moi pendant 25 ans. En gros, ça fait plus de 40 ans que la technique est éprouvée ! Tous mes blés et 90 % de mes colzas sont levés. Bien à vous Bouillon. »

Bouillon : « Peu importe la pluviométrie, ça ne vous empêche pas de semer et bien tant mieux pour vous ! Tout le monde n'a pas cette chance !! Et puis me dire qu'à la volée, j'aurais fini de semer depuis longtemps, c'est facile !!! On est toujours très savant après les événements. Même les plus aguerris se sont faits avoir cette année, il faut donc rester humble. Chacun fait comme il peut, en toute modestie. Bien à vous, M. Pipo. »

Éric17 : « Je t'assure Pipo que des vrais sols argilocalcaires (quand tu poses une botte dans le champ, t'en as 3 kilos au pied), impossible de faire quoi que ce soit. Par exemple, dans un champ préparé à la rotative, le garde-boue arrière du tracteur est plein après avoir parcouru 30 m et après 50 m, l'espace qui le sépare de l'essieu est rempli de terre qui va ensuite se coller dans la jante puis entre la cabine et le châssis. Du vécu à moults reprises. Moi cette année, je pense pouvoir semer le blé dur en janvier, pas avant. (...) »

agri expert : « Du calme, les gars ! C'est trop facile de claironner sur un forum qu'on est le meilleur ! Donner nous vos noms et vos adresses qu'on vienne voir la réalité ! Après, on pourra savoir qui est "brouillon" et qui nous "pipote". Allez les gars, courage ! »

Pipo : « Il peut tomber 100 mm de plus (je suis déjà à 130), je sèmerai quand même ! Je discutais avec un technico qui me disait, à juste titre, que la majorité de ceux qui ne peuvent pas semer ont acheté un nouveau semoir, vous savez, les usines à gaz pour les TCS ou l'AC qui coûtent entre 50 et 120 K€ ?! »

Alors faut-il labourer ou non ?

Patrice Brachet : « Chez moi, il y les laboureurs et les adeptes du non-labour. Eh bien, cette année, on est tous à l'arrêt et pour les deux ou trois chanceux qui sont passés, le résultat n'est pas chouette. Cela fait un mois et demi qu'il pleut tous les jours. En moins d'une semaine, nous avons reçu 134 mm et depuis septembre, bien plus de 300 mm. Au départ, c'était pas mal après la sécheresse même s'il était un peu trop tôt (pour les colzas notamment). Que le semoir vale 200, 2 000, 20 000 ou 200 000 ne change rien. Les pressés ont fait un travail pas terrible. »

PàgraT : « Toutefois, il vaut mieux "sagouiner" en début d'épisode pluvieux quand dessous c'est encore sec, plutôt que de ne pas semer, en particulier lorsqu'on est éleveur ! Le prix de la paille n'est pas prêt de baisser ! »

steph72 : « Je ne te dis pas la semelle de labour ! Quand on passe la charrue dans des conditions humides, l'enracinement des cultures est pénalisé. J'ai labouré une année en 2012 dans ces conditions pour du triticale. Malgré deux fongicides, le rendement ne dépassait pas 55 q/ha ! »

PàgraT : « Dans les Pays de la Loire, en limon argileux hydromorphe drainé, un vieil adage dit qu'il vaut mieux "bouilloner" avant la Toussaint qu'après ! Je n'ai pas du tout envie de ressortir la charrue !! »

steph72 : « La différence : le gars en agriculture de conservation va peut-être semer plus tard mais il fera moins d'ornières dans les champs quand il traitera ou épandra de l'engrais. »

PàgraT : « Chacun connaît ses terres et son sous-sol. Par le passé, il m'est arrivé, après un gros épisode pluvieux, de labourer plusieurs jours avant de semer pour faire sécher les terres, alors que la plupart vous conseilleront de faire les deux dans la foulée. Mais si vous avez le sentiment que la pluie durera, eh bien, forcez. C'est ni plus ni moins un pari ! »

Agriculture de conservation : ceux qui la critiquent
en font peut-être sans le savoir...

Pipo : « En précédent maïs et semi direct, à moins d'être dans le sable, il n'y aura pas d'ornière non plus...

titian : « En précédent maïs grain de bonne facture (avec pas mal de végétation), pas besoin de rotative non plus ! Un coup de broyeur suffit après un semis à la volée ! »

Pipo : « Une année, j'ai fait une partie au broyeur. Intéressant, mais ça pose quelques soucis de répartition. »

titian : « Eh bien Pipo, vous qui êtes prompt à dénigrer l'agriculture de conservation, cette technique dont vous parlez en est tout simplement la forme la plus simple et aboutie. Comme quoi, vous faites déjà de l'ACS... »

Météo qui complique les semis et oblige à reprendre la charrue : sur Facebook aussi, cet article a fait réagir (une centaine de commentaires) :

post-facebook-retour-au-labour-a-cause-des-pluies (©Page Facebook de Terre-net) 


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