Paroles de lecteurs Les couverts végétaux : un effet seulement « fertilisant » ?

Terre-net Média

Alors qu'Arvalis détaillait cette semaine le rôle des intercultures dans la fertilisation, notamment azotée, des plantes semées ensuite, les lecteurs de Terre-net ne couvrent pas tous d'éloges cette pratique culturale. Pour certains, les cultures intermédiaires donnent des résultats trop aléatoires pour des coûts supplémentaires. D'autres, en revanche, soulignent son intérêt pour lutter contre le réchauffement climatique en limitant le recours à l'irrigation.

paroles de lecteurs terre net couverts vegetaux « S'approprier les bons mélanges, afin de maximiser les profits pour le sol et la culture suivante », suggère Jean-Pi. (©Arvalis-Institut du végétal // Création Terre-net Média) 

Éric Letinois résume sur Facebook : « Les cultures intermédiaires coûtent à une ferme mais n'apportent rien. »

Philippe Leneveux confirme : « Exact @Éric Letinois ! »

Extrait des commentaires, sur Terre-net et Facebook, de l'article : L'actu d'Arvalis − Quel est l'effet fertilisant des cultures intermédiaires ?

Éric Gt cite « des effet dépréciatifs sur la culture suivante ». « Avec les deux hivers pluvieux que l'on a eus, j'aimerais bien voir les palettes d'anti-limace épandues... Travail en plus, coût de la semence, gazole brûlé pour l'implantation et la destruction, levée hypothétique... D'après une étude de l'Inra, les couverts végétaux seraient grosso modo bénéfiques une année sur cinq ! Juste valables dans un jardinet ou chez ceux qui ont des terres faciles... »

Bénéfiques une année sur cinq.

Par exemple, pour David David, toujours sur Facebook : « En 2020... rien ! 0 levée par endroit car trop sec ! »

[L'actu d'Arvalis] Quel est l'effet fertilisant des cultures intermédiaires ?

Publiée par Terre-net sur Lundi 8 mars 2021

«  Pas de sol nu » mais « gare à la maîtrise agronomique »

« On a encore beaucoup à apprendre, nuance jean-Pi. Et, si je puis dire, la soif de connaissance est motivante. Conscient qu'il ne faut jamais laisser un sol nu, je sais aussi qu'il faut s'approprier les bons mélanges, afin de maximiser les profits pour le sol et la culture suivante, ou la valorisation pour le troupeau au bon moment. » « Tout est tellement dépendant de la météo qu'il ne faut pas, je pense, mettre tous ses œufs dans le même panier, ajoute-t-il. Donc, s'il y a plus de temps à passer pour mettre cela en place et obtenir un résultat, je n'ai rien contre au contraire c'est notre taf, mais attention à la maîtrise agronomique... »

PàgraT fait remarquer que « la capacité de rétention d'eau par la MO est très largement supérieure à celle du sol ». Et que « lorsqu'un sol est couvert par de la végétation, la pluie n'est pas évaporée aussitôt ». « Voir la vidéo d'Allan Savory "Comment transformer nos déserts en prairies et inverser le changement climatique", conseille-t-il. C'est un sol couvert un permanence qui fait tomber la pluie. Et ce dernier point, même les écolos ne l'ont pas compris, puisqu'ils font tout pour empêcher l'irrigation alors que pratiquée en grande ampleur pour les cultures et couverts d'été, elle permettrait de réduire considérablement la température à la surface du sol et d'empêcher les sécheresses. »

« N'oublions pas les arbres ! »

ptiloui considère que « ce n'est pas un scoop qu'il faille couvrir les sols tout au long de l'année ». En revanche, concernant l'irrigation, il n'est « pas vraiment d'accord ». « Elle ne concerne que 4 % de la SAU en France et capte déjà pour ça énormément d'eau, explique-t-il. On ne pourra pas aller bien plus loin. Par contre n'oublions pas les arbres !! Ils limitent fortement la vitesse des vents, donc la transpiration des plantes, maintiennent la fraîcheur et font circuler l'eau : jusqu'à 50 m3/jour évaporé pour 1 ha de forêt ! D'où l'intérêt de stocker l'eau dans les nappes en période d'excès pour la faire remonter en période sèche. Alors que l'irrigation en période sèche contribue au lessivage des sols et empêche la remontée des éléments minéraux par capillarité. »

Premiers contributeurs à la régulation du climat.

PàgraT renchérit : (...) Les arbres en effet, surtout les feuillus, sont les premiers contributeurs à la régulation du climat, mais les cultures d'été ne sont pas en reste. (...) Dans les réseaux d'agriculture de conservation des sols, cette faculté est validée. L'irrigation ne prend qu'une partie infime de l'eau tombée l'hiver. Il est complètement absurde de subir de grosses inondations l'hiver et des sécheresses sévères quelques mois après... »

« Heureux que vous ayez conscience de l'importance des arbres, se réjouit ptiloui. Cette dernière n'est hélas pas encore si intégrée que cela dans le monde agricole. Les cultures d'été ont, par ailleurs, toute leur importance, et chez moi chaque céréale est suivi d'un couvert végétal ou d'un semis de prairie. Seulement je pense que pour l'eau, nous allons au devant de graves problèmes, qui ne peuvent pas se limiter à l'équation "l'eau de l'hiver pour l'été". Il y a une vaste réflexion à mener sur la question, et je ne prétends pas avoir la solution définitive, valable partout et pour tous. Seulement je fais remarquer que l'irrigation est ultra minoritaire et le restera, les quantités d'eau disponibles ayant franchi les limites dans bien des endroits. Il nous faut donc absolument trouver le moyen d'en utiliser le moins possible, tout en sachant que si elle ne coûte pas cher et est facile d'accès, il y aura fatalement du gaspillage. »

Irriguer ou non, stocker l'eau ?

nanard3 juge que « si on couvre les sols l'été avec des plantes vivantes, on peut provoquer un microclimat favorable aux précipitations ». « Donc l'eau apportée sur les cultures retombera sous forme de pluies, poursuit-il. Si tout le monde joue le jeu de la couverture végétale des sols, l'irrigation ne sera plus nécessaire car avec les couverts, on va réduire le réchauffement climatique et favoriser des précipitations plus régulières. Sans parler que la couverture permet d'augmenter l'absorption du CO2 (...)... »

L'irrigation, une assurance récolte plus efficace qu'un contrat ! 

Selon PàgraT, « il est faux de dire que le volume d'eau en France est insuffisant, sachant qu'une bonne partie part vers la mer. Il manque juste la volonté de la stocker. » « Ce faisant, il ne s'agit pas non plus de négliger la couverture des sols au sens large (couverts, haies, agroforesterie, ACS, etc.) L'irrigation constitue une assurance récolte, bien plus efficace qu'un contrat d'un groupe assurantiel, d'autant plus avec le changement climatique en cours. »

Retrouvez enfin le Paroles de lecteurs : La guerre de l'eau s'est aussi déclarée dans les commentaires

ptiloui n'est pas convaincu : « (...) Stocker l'eau en surface présente bien des inconvénients. Déjà le fait que 30 à 70 % sont évaporés au moment de s'en servir. Et puis les rivières ont leurs cycles propres et d'autres usages sont à prendre en compte comme les barrages hydrologiques, la pêche, l'ostréiculture, etc. (...) Tout ça pour dire que décider du devenir de l'eau est une décision capitale qui ne regarde pas que le monde agricole. Je (...) pense que l'irrigation doit vraiment rester un appoint, pour sauver une culture (sauf en productions spécialisées comme le maraîchage où il n'y a pas le choix), pas une pratique systématique en grandes cultures. Il nous faut donc adapter nos pratiques en conséquence. Par exemple, dans mon coin où il n'y a plus d'irrigation hors légumes, en ne semant jamais de maïs sur les terrains trop séchants. (...) »


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous