[L'actu de Terres Inovia] Colza Forte hétérogénéité selon les semis, un point en sortie d'hiver s'impose

Terre-net Média

Les équipes Terres Inovia observent une forte hétérogénéité des colzas compte-tenu des conditions climatiques difficiles de la campagne. L'institut technique encourage les agriculteurs à faire le point en sortie d'hiver sur les biomasses des parcelles et le niveau d'infestation par les ravageurs.

La première partie de la campagne colza 2019-2020 a été marquée par une forte sécheresse de mi-août à fin septembre puis les choses se sont inversées vers la mi-octobre. Les cumuls de pluies enregistrés du 1er septembre au 31 décembre classent la campagne en cours au 2e ou 3e rang des scenarios les plus arrosés sur les 20 dernières années dans de nombreux endroits de Normandie et d'Ile-de-France notamment.

Les colzas semés avant ou peu après la pluie du 17 août ont eu une installation rapide pour atteindre aisément un stade rosette à plus de 10 feuilles en décembre. Dans les cas contraires, majoritairement affectés par le manque d’eau au démarrage, de fortes hétérogénéités de stades sont apparues et se sont maintenues jusqu’en décembre, observe Jean Lieven, ingénieur régional Terres Inovia Normandie - Ile-de-France Ouest. Les dernières levées de colza (fin septembre) donnent des stades de 3 à 5 feuilles à la mi-décembre, avec des peuplements, bien qu’irréguliers, généralement suffisants pour la suite de la campagne. L’absence de grands froids préserve pour l’instant ces plantules.

Pensez à peser vos colzas pour une fertilisation azotée sur mesure...

Les biomasses produites avant l’hiver sont très inférieures à la tendance pluriannuelle en Normandie (0,6 à 0,8 kg/m² en moyenne d’après des remontées d’une soixantaine de pesées au champ). Dans le sud de l’Ile-de-France, les valeurs sont plus proches des normales (1 à 1,2 kg/m²). Dans les Yvelines et le Val d’Oise, les niveaux sont intermédiaires. Dans tous les cas, les états de croissance en biomasse sont très contrastés.

Il convient alors de prendre en compte cette hétérogénéité pour la fertilisation azotée de vos colzas. À titre d'exemple, une parcelle à 2,5 kg a déjà assimilé environ 90 unités de plus qu'une parcelle à 1 kg de biomasse par m², soit autant d'azote à économiser dans le premier cas par rapport au second pour un objectif de rendement identique, précise l'équipe régionale Terres Inovia Sud. Il est donc indispensable de mesurer la biomasse de vos parcelles en fin d'hiver.

... et aussi à refaire un berlèse en fin d'hiver

Côté ravageurs, certains secteurs du Calvados, de Seine-Maritime et de l’Eure n’ont guère échappé aux offensives des altises d’hiver fin septembre/début octobre. Dans l’ensemble, on observait une pression moins sévère de ce ravageur tant redouté, indique Jean Lieven. Dès fin octobre, la présence fréquente de mouches du chou a été signalée notamment dans l’ouest de l’Eure et dans le Calvados notamment. Les dégâts sur pivot sont amplifiés dans les sols hydromorphes.

Les larves d’altises ont colonisé autant de parcelles que d’habitude mais les infestations par plante étaient en tendance assez modérées à la mi-décembre. Toutefois la situation est contrastée. Certaines parcelles apparaissent très touchées alors que d’autres sont quasiment indemnes de larves. La mise en place de leviers agronomiques, l’utilisation et le bon positionnement d’insecticides efficaces ont contribué à diminuer la pression larvaire et à limiter les dégâts.

(Re)faire un berlèse dès maintenant, permet d’appréhender votre niveau d’infestation et le stade des larves. La nuisibilité des larves dépend en effet de leur nombre mais également de leur stade de développement.

  • Si vous êtes intervenu avec un insecticide à l’automne sur larves d’altises (mais aussi sur charançon du bourgeon terminal), le berlèse permettra de vérifier si vos interventions ont été efficaces (si vous avez réalisé un berlèse entrée hiver).
  • Vous étiez en situation de risque faible ou vous n’avez pas pu intervenir, le contrôle du nombre de larves/plante est encore plus important (potentiellement plus élevé) et permet d’évaluer là aussi la pression larves d’altise et leur stade.

Berlèse colzaLa méthode berlèse consiste à laisser sécher les plantes de colza sur un grillage au-dessus d’une bassine d’eau et à attendre que les larves quittent les plantes. On détermine ainsi le nombre de larves moyen par plante. (©Laurent Jung/Terres Inovia) 

Un enherbement assez bien maîtrisé

Les habitudes de désherbage du colza ont été quelque peu bouleversées par les conditions particulières de l’année. De nombreuses parcelles ont été désherbées tardivement, début octobre voire en novembre/décembre. Il faut dire que le sec a repoussé les levées des mauvaises herbes (ray-grass, vulpins, coquelicot, matricaire, véroniques, pensées, crucifères, etc.) et, en conséquence, l’usage des désherbants de pré ou post-levée du colza. Dans l’ensemble, l’enherbement du colza reste assez bien maîtrisé.


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