L'actu de Terres Inovia Vigilance sur l’état des légumineuses de printemps

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Depuis 15 jours, des cultures de printemps de pois, lentilles et pois chiches présentant des jaunissements, crispations, disparition de pieds, sont signalées notamment dans l'est de la France. Une combinaison de stress est à l’origine de ces phénomènes, pouvant expliquer des différences d’intensité des symptômes observés selon les cultures et les secteurs. À l’inverse, les pois d’hiver et les féveroles sont moins impactés.

Pucerons verts sur poisLe puceron vert (Acyrthosiphon pisum) affecte principalement le pois et la lentille. (©Terres Inovia)

De nombreuses parcelles ne présentent que peu voire pas de nodosités sur les racines. Ces nodosités sont nécessaires à l’alimentation en azote. Deux facteurs expliquent cette faible nodulation. Tout d’abord, l’épisode de sec lors de l’implantation et du début de la phase végétative des légumineuses n’a pas favorisé le développement racinaire et des nodosités en particulier dans les sols séchants. Le second facteur est la forte présence du sitone durant le début de cycle sur pois, en témoignent les nombreuses encoches observées sur les divers étages foliaires. Les larves de ce ravageur ont dévoré les quelques nodosités présentes. Cette combinaison de stress explique certains jaunissements des plantes, liés au manque d’azote.

Des pucerons présents tôt en grand nombre

En raison des conditions climatiques particulièrement favorables, les pucerons sont arrivés précocement sur les cultures et leur présence a très vite explosé avec les conditions chaudes et sèches (jusqu‘à 45 jours sans pluie selon certaines stations météo). Des dizaines de pucerons pouvaient alors être observés sur des plantes à des stades plus ou moins avancés (2 feuilles pour les semis tardifs à début floraison pour les cultures d’hiver). À noter que les parcelles les plus touchées sont les parcelles de pois et de lentille, le puceron en cause étant le puceron vert du pois (Acyrthosiphon pisum).

Les pucerons occasionnent des dégâts directs par la ponction de la sève, affaiblissant la plante, et des dégâts indirects en tant que vecteurs de viroses. Les plantes concernées par ce phénomène présentent aujourd’hui des jaunissements, des crispations des tissus, des symptômes de mosaïques ou encore un raccourcissement des entre-nœuds dans la partie supérieure. Des symptômes peuvent également être observés sur féverole de printemps.

Des effets aggravants des amplitudes thermiques et des gelées

Dans certains secteurs, les fortes amplitudes thermiques (plus de 20°C de différence dans la journée) et les gelées matinales entre le 11 et le 13 mai ont aggravé la situation. Les phénomènes de phytotoxicité (produits racinaires, voire produits de contact et anti-graminées de post-levée) ont pu s’ajouter à ces différents stress.

Les pois chiches sont non concernés par les pucerons et les sitones. Ils peuvent néanmoins accuser le coup par le jaunissement des plantes à la suite d’une mauvaise nodulation, de la sécheresse de début de cycle, amplitudes thermiques et des effets phytotoxiques liés au désherbage. Des cas de maladies racinaires type fusariose sont également observés dans plusieurs parcelles expliquant certains cas de jaunissements des parties aériennes et de nécroses racinaires.

Quelles situations et que faire dans ces parcelles de pois ?

Pour les secteurs où l’arrivée du puceron fut très précoce et massive (Bourgogne et sud Champagne en particulier), la situation est très variable. Dans ces secteurs, nous observons des parcelles très touchées mais également des parcelles avec un bon développement végétatif. Ces différences s’expliquent par les pressions ravageurs rencontrées, les conditions hydriques du sol et la stratégie de protection appliquée contre les sitones et les pucerons. Dans les parcelles fortement concernées par ces symptômes, l’impact sur le rendement sera important. Dans ces situations, il faut évaluer la viabilité de sa parcelle afin d’ajuster au mieux la suite de ses investissements, voire de décider si un retournement s’avère techniquement et économiquement opportun. Une évaluation à la parcelle de la densité de pieds viables au m² et de l’état d’enherbement de la parcelle est nécessaire avant toute décision.

Pour les secteurs où l’arrivée des pucerons s’est faite plus tardivement et progressivement (Grand Est, Hauts-de-France principalement), des débuts de symptômes sont observés. Les parcelles sont à surveiller car les conditions actuelles chaudes et sèches sont très favorables à un développement rapide des pucerons. Pour les parcelles non protégées jusqu’alors, une intervention puceron doit s’envisager selon la dynamique des populations des auxiliaires et pucerons observées.


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