Marques physiologiques, maladies... Zoom sur l'état sanitaire actuel des céréales d'hiver

Terre-net Média

Après un hiver doux et pluvieux, les conditions climatiques actuelles (gelées matinales la semaine dernière, fortes amplitudes thermiques...) mettent les céréales d'hiver en situation de stress par endroits. Faisons le point sur leur état sanitaire actuel.

Marques physiologiques, maladies sur céréales d'hiverParmi les symptômes observés actuellement sur céréales d'hiver : marquages physiologiques, viroses et maladies. (©Olivier Coste/Création Terre-net Média)

Jaunissement du bout des feuilles, tâches type "brûlure" sans picnides... Vous observez peut-être actuellement ces marquages physiologiques sur vos céréales d'hiver ? En cause : « les amplitudes thermiques qui mettent la végétation à rude épreuve depuis plus d'une semaine », explique la coopérative Noriap, basée dans la Somme. Selon Arvalis, ce phénomène physiologique pourrait s'estomper au fur et à mesure et « le retour de la pluie devrait en limiter les impacts », précise Olivier Coste, agent relation cultures pour Soufflet Agriculture.

Sont également observés, sur orge d'hiver et blé tendre, des premiers symptômes de viroses : « principalement dans les parcelles qui n'ont pas reçu d'insecticide à l'automne », précise Olivier Coste.

Vigilance face aux maladies du blé tendre

Du côté des maladies, les conditions automnales et hivernales ont été plutôt favorables pour certaines d'entre elles. Notamment le piétin-verse, qui est signalé cette campagne, surtout dans les parcelles de blé sur blé. La sensibilité variétale est un facteur important pour cette maladie, note Olivier Coste. Une évaluation agronomique à l'échelle de la parcelle est donc indispensable.

> Plus d'infos sur le risque piétin-verse

Maladie la plus préjudiciable sur blé tendre en France, la septoriose est également repérée. S'il est trop tôt pour se prononcer par endroits, on l'observe déjà « en fond de cuve très marquée » en Ile-de-France par exemple. « Le retour de fortes températures journalières avec des hygrométries importantes pourrait alors être favorable à son développement », estiment les conseillers de la chambre d'agriculture de la région. « Les contaminations encore en incubation devraient sortir prochainement. Et dès les futures pluies annoncées, il se pourrait que l’évolution de la septoriose dans les prochaines semaines soit importante et gagne les étages supérieurs. »

« Attention aussi à ne pas négliger la rouille jaune », précise Olivier Coste. Les premiers foyers ont été observés. Selon le BSV Bourgogne-Franche-Comté, le risque est élevé pour les semis précoces, « mais n'est à considérer que sur les variétés sensibles ». Et oui, là encore, la résistance variétale est très importante : « c'est d'ailleurs le premier levier de lutte contre cette maladie », assurent Édouard Baranger, Delphine Bouttet, Mathilde Lejards, Chloé Malaval Juery et Agnès Treguier, ingénieurs Arvalis pour la zone Centre/Ile-de-France/Auvergne.

« Cependant, les races de rouille jaune évoluent chaque année, pouvant conduire à une modification de la résistance variétale. Les contournements sont difficiles à prévoir, il faut donc rester vigilant et maintenir des observations sur toutes les variétés. La priorité sera à donner aux variétés les plus sensibles et des passages moins fréquents seront utiles pour les variétés à bon comportement », ajoutent les experts Arvalis.

Échelle de résistance des variétés de blé tendre à la rouille jauneÉchelle de résistance des variétés de blé tendre à la rouille jaune. (©Arvalis-Institut du végétal)

Retrouvez également, avec l'écho des plaines, l'essentiel des observations des BSV par culture et par région.

À noter : l’absence de pluies significatives dans plusieurs régions qui ne permet pas de valoriser correctement les derniers apports d'azote. Dans l'Ouest, en Rhône-Alpes ou même en Alsace, les stades étant bien avancés, la sensibilité des céréales au stress hydrique débute, ce qui pousse les agriculteurs à déjà démarrer les irrigations.

Retrouvez toutes les prévisions météorologiques de vos parcelles en vous connectant sur : Observatoire météo de Terre-net Média

Rhynchosporiose et helminthosporiose à surveiller en orge d'hiver

En orge d'hiver, de nombreuses parcelles ont atteint le stade 1 nœud. Dès lors, il est important de « surveiller l'évolution et la présence de rhynchosporiose et de l'helminthosporiose sur les feuilles les plus jeunes afin de déterminer la nécessité ou non de déclencher une première protection », selon Arvalis. Quelques symptômes de ces deux maladies sont notamment repérés en Ile-de-France, en Normandie, en Alsace ou en Bourgogne.

Maladies d'orge d'hiver à surveillerMaladies d'orge d'hiver à surveiller (©Arvalis-Institut du végétal)

Comme en blé tendre, il convient de surveiller en priorité les variétés sensibles. « Si le débouché fourrager permet de choisir des variétés tolérantes aux maladies, le débouché brassicole limite le recours à la génétique pour gérer les maladies. Ainsi, de nombreuses variétés brassicoles sont sensibles à la rhynchosporiose. »

Vigilance également face à l'oïdium, à partir de début montaison. Peu fréquente ces dernières années, cette maladie n'est nuisible que si les épis sont touchés.

Pour vous aider à piloter les interventions fongicides, des outils sont disponibles comme le baromètre maladies. Il permet de suivre en temps réel l’évolution du risque des différentes maladies des céréales dans vos parcelles.

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