Paroles de lecteurs L'agriculture de conservation, un sujet de discussion récurrent

Terre-net Média

36 commentaires à propos du dernier reportage sur l'agriculture de conservation des sols paru sur Terre-net, quelques mois seulement après un vaste débat sur le sujet sous un autre article, ayant d'ailleurs déjà fait l'objet d'un Paroles de lecteurs : indéniablement, cette thématique suscite de l'intérêt... voire des polémiques !

paroles de lecteurs agriculture de conservation des solsSi l'agriculture de conservation améliore la vie du sol pour la plupart des lecteurs de Terre-net, tous ne sont pas d'accord quant à son impact sur les rendements. (©Blueringmedia, Fotolia // Création Terre-net Média)

Steph72 : « Ces agriculteurs savent se remettre en cause. Ce n'est pas le cas de tout le monde... Certains ne se posent jamais de question et critiquent ceux qui sortent des sentiers battus. Ils travaillent dans la routine et seul le rendement compte, pour épater les voisins notamment. La marge, elle, est secondaire. L'agriculture de conservation améliore la vie du sol, donc sa fertilité, mais aussi hélas sa sensibilité aux aléas climatiques. »

Zozzo : « Donc pour vous, Pipo, il ne faut pas parler de ceux qui ne pensent pas comme vous !! Quelle ouverture d'esprit !!! La réflexion de ces producteurs est pourtant intéressante, le mode de financement de leur projet aussi. »

se remettre en question pour sortir des sentiers battus

Seb : « L'agriculture de conservation peu productive ? Il ne faut pas confondre ce mode de production avec l'agriculture biologique. En bio comme en conventionnel, l'A2C est l'agriculture de demain. »

Titian : « Le terme "agro-écologie", s'il est porteur pour les concitoyens, est également un vaste fourre-tout... Je préfère parler d'agriculture de conservation ou même de restauration des sols pour qualifier la pratique du semis direct sous couverts. En bio aujourd'hui, l'A2C est utopique. On évoque plus souvent le semis direct d'opportunité, entrecoupé de périodes en TCS. Pour ce qui est de l'érosion des sols Grimauxj, pour avoir fait mon stage de BTA à Labéjan il y a 30 ans, ce n'est pas un petit problème dans ce coin pentu du Gers aux sols déjà fragiles. En termes de rendement, soyons concrets. Dans mon cas, j'observe 10 % de baisse en première année de passage en A2C mais avec pas mal de variabilité. Le rendement économique, c'est une autre histoire... Une petite remarque pour les jeunes : un tel semoir n'est pas indispensable pour démarrer, un outil à dents bricolé fera l'affaire pour un très petit budget. Un cultivateur lourd, des pointes fines, un vieux semoir mécanique voire une trémie pneumatique et ça roule. Il n'y a pas tant de pierres que ça dans mes souvenirs... »

Savoir attendre pour récolter les Bénéfices agronomiques et économiques

Baracouda : « Un très bel exemple de respect de la biodiversité, des insectes du sol, des abeilles, etc. avec un objectif de 4 t de vers de terre à l’hectare, sans charrue. Pas de ruissellement des oligo-éléments du sol vers les rivières (ou carrément sur les routes, dans les sous-sol d’habitation, les écoles). De plus, les marges à l’hectare sont plus conséquentes qu'en agriculture conventionnelle, avec des tâches moins répétitives et moins de pointes de travail. Et puis, pourquoi pas faire appel à Miimosa. D’autres gagnent au loto ou au PMU. Je ne suis pas jaloux, moi... »

Titian : « Certaines exploitations conventionnelles gaspillent parfois quelques euros dans le matériel, surtout dans le parc consacré au travail du sol. En revanche, en A2C, on fait des économies grâce à la meilleure gestion de l'eau et de la flore adventice, à la réduction de la percolation et du lessivage des éléments fertilisants, à une perturbation minimale du sol et surtout aux engrais verts. Les rotations longues, les couverts végétaux, les diminutions des dose d'intrants existent aussi en TCS et labour, mais les tonnes de matière organique produites en plus par les couverts laissés jusqu'au semis, et le recyclage quasi continu des éléments fertilisants, sont spécifiques à l'agriculture de conservation des sols ! »

Baracouda : « On prend l'option A2C pour de nombreuses années, pas pour deux à trois ans. C'est un investissement qui se réfléchit comme un emprunt bancaire : on respire mieux avec un moyen ou long terme qu’avec un court terme. Il faut analyser les résultats, notamment les stocks et les analyses de terre, sur cinq ans. Ne regarder que le chiffre d’affaires ne veut rien dire. »

Titian : « Le court terme est à la mode. Même en agriculture, certains voudraient à dessein nous l'imposer. Mais une analyse économique, digne de ce nom, n'est pertinente que sur la durée. Par exemple, dans une rotation, que l'ont soit en labour, TCS, A2C ou même bio, certaines cultures moins rentables améliorent le revenu sur le long terme. »

Quelques doutes sur le mode de financement de tels projets

Maxens : « C'est très bien. J'ai juste un gros doute sur la généralisation de ce système. Le financement participatif ne fonctionnera pas pour 200 000 fermes, et la famille comme les amis ne sont pas tous partants pour aider. »

Pipo : « Libre à vous de tomber dans tous les pièges tendus. Si vous voyez un mode de financement intéressant dans le fait de ne pas pouvoir financer un projet avec les gains de la production elle-même, vous avez une drôle de logique. C'est pareil que de dire : "j'ai une carrière à sable qui me rapporte tellement que ça me permet de financer la moissonneuse que je ne peux pas acheter avec le fruit de ma récolte" ! »

Les anti "agriculture de conservation" reviennent au galop !

LeFlaire :  « 20 % de produits phytos en moins, c'est 50 % de rendements en moins, payés au même prix ! C'est vraiment génial !! Les mecs, faut que vous fassiez vos comptes ! »

Pffff : « L'A2C ne parle jamais de marge, c'est là tout le problème ! »

MDR : « Ben oui, c'est sûr, l'érosion des sols est encore une invention des dangereux bobos écolos. Cette année, combien de tonnes de terre sont sorties des parcelles ?? Continuez Terre-net à nous montrer des agriculteurs responsables ! »

Gibero : « Un article complétement démagogique et tellement orienté vers une agriculture peu productive qui à terme nous amènera vers des émeutes de la faim. Il y en a assez Terre-net de ces articles de promotion des bobos écolos dangereux ! »

Pipo  : « L'agriculture de conservation, un business pour les politiques et la ruine pour les agriculteurs ! Nos élus (comme les journalistes d’ailleurs) n'ont toujours pas compris qu'elle ne permet en aucun cas de fournir de l'alimentation pas chère aux gentils consommateurs, vu les rendements hautement aléatoires, presque autant qu'en bio. Tout ça ce sont des c. pour amuser les bobos ! Je constate que Terre-net sombre comme les autres médias dans la "bienpensance politico-médiatique". »

Gibero : « L'agriculture de conservation plus productive que le conventionnel ? Chez vous peut-être mais chez nous, en Charente, ce modèle est une catastrophe tant les rendements sont mauvais et les cultures sales, à grands coups pourtant de glyphosate ! Quel bel avenir ! »

Pipo : « Vous prétendez par ailleurs augmenter d'un seul coup la fertilité des sols, sauf que remonter un taux de matière organique prend plusieurs années pendant lesquelles votre rendement chute lourdement. Les acistes oublient toujours la période de transition durant laquelle il faut combler les inévitable déficits dus à la faiblesse des rendements ! Tout ça pour dire que l'AC, c'est pour les riches qui peuvent se permettre d'avoir un manque à gagner pendant 5 à 10 ans. Personnellement, je suis loin d'avoir fini de payer mon installation et ma situation financière est tendue depuis trois ans, même en conventionnel. Alors l'agriculture de conservation, très peu pour moi. En plus, elle est totalement inadaptée à mes terres. »

Ne pas faire de généralités et surtout rester libre de choisir son système !

Steph72  : « Faut pas faire une généralité avec quelques cas… C'est vrai que pour beaucoup, le sol est juste un support de culture… »

Titian :  « Avec la baisse de la MO au départ, c'est en effet un investissement, et on ne part pas tous avec le même "équipement". Dés lors que certains choisissent de rester sur leurs acquis, voire tapent dans leur capital "sol", ne me choque pas, l'important est que chacun reste libre... et surtout bien informé ! »

Pour preuve que l'agriculture de conservation fait débat parmi les lecteurs de Terre-net, un autre Paroles de lecteurs est déjà paru sur ce sujet : Agriculture de conservation : certains lecteurs sont conservateurs, d'autres plus ouverts

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