État des colzas 2019 Impactés par la sécheresse, des colzas « pas tous égaux face aux ravageurs »

Terre-net Média

Cette année encore, les semis de colzas ont largement souffert des conditions sèches. On observe aujourd'hui une grande disparité de stades selon les parcelles et les colzas ne sont donc pas tous égaux face aux ravageurs. Il convient d'évaluer le risque à la parcelle, comme le précise Terres Inovia.

Les semis et les levées de colzas ont, cette année encore, été lourdement impactés par la sécheresse. Les colzas montrent aujourd'hui une grande disparité selon les régions et à l'intérieur même des régions. On trouve, par exemple, des parcelles du stade levée au stade 6 feuilles en Normandie, du stade levée au stade 9 feuilles en Bourgogne-Franche-Comté...

Selon un sondage publié sur Terre-net du 24 septembre au 1er octobre 2019 (en retirant les 31,7 % des votants qui ne cultivent pas de colza cette année), 29,5 % des agriculteurs estiment que leurs colzas se portent bien et 27,2 % comptent sur le retour des pluies (depuis le 20 septembre environ) pour les faire repartir. La situation des colzas est plus floue pour 26,2 % des agriculteurs et 17,1 % envisagent de les retourner. Sur les réseaux sociaux, les photos et vidéos de colzas postées par de nombreux agriculteurs témoignent également de cette hétérogénéité de situations.

La douceur des températures et le retour des pluies semblent, toutefois, bien profitables pour de nombreuses parcelles de colzas.

Protéger les colzas contre les ravageurs d'automne ou non ?

Face à cette disparité de stades, on comprend aisément que les colzas ne sont pas tous égaux face aux ravageurs. L'observation des parcelles est donc très importante pour évaluer le risque à la parcelle et « décider s'il est opportun de protéger la culture ou non contre les ravageurs d'automne », comme le précise Laurent Ruck de Terres Inovia.

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Premièrement, attention aux petits colzas ! « Les grosses altises adultes sont actives dans les parcelles depuis mi-septembre. La lutte insecticide contre les altises adultes ne s’envisage que si la survie de la culture est menacée c’est-à-dire si la culture pousse moins vite qu’elle n’est dévorée (pour les colzas qui ont notamment souffert de la sécheresse). Au-delà de 4 feuilles, le colza est généralement tiré d’affaire ». À partir de la mi-octobre, « ce sont les charançons du bourgeon terminal (CBT) et les larves de grosses altises (GA) qui doivent retenir l'attention », poursuit Laurent Ruck. « La nuisibilité de ces deux ravageurs dépend bien sûr de la pression larvaire et aussi de la dynamique de croissance du colza. L’état de croissance du colza et sa capacité à poursuivre sa croissance de façon continue jusqu’à l’entrée de l’hiver puis en reprise de végétation sont alors déterminants ».

À partir de critères simples (date de semis, association avec des légumineuses, profondeur du sol, disponibilité en azote, durée de l’arrêt hivernal et précocité de reprise au printemps, etc), « il est possible de calculer un risque agronomique a priori ». Il est cependant important « d'évaluer l'état de la parcelle de colza "en surface" et "sous terre" pour savoir si la culture sera capable de faire face à une attaque de ravageurs :

  • La biomasse début octobre (CBT, GA) puis à l’entrée de l’hiver (GA)
  • La qualité de l’enracinement et la disponibilité en azote pour évaluer la capacité de la culture à poursuivre sa croissance ».

Évaluer l'état de croissance du colza début octobreÉvaluer l'état de croissance du colza début octobre. (©Terres Inovia)

« Dans un second temps, il s'agira d'évaluer la continuité de croissance automnale à travers la couleur du colza, la longueur du pivot et l'évolution de la biomasse automnale, et enfin le risque de reprise tardive au printemps », ajoute Laurent Ruck.

Ensuite, il est nécessaire de surveiller la pression insectes. « Les captures de charançons du bourgeon terminal dans les cuvettes jaunes, intégrées dans des réseaux d'observation comme le BSV, servent à établir la dynamique de vol pour optimiser le positionnement du traitement (s'il est nécessaire). Pour les larves d'altises, il faut observer les plantes. Le nombre moyen de larves par plante est un bon indicateur de la pression exercée par les insectes ». Ainsi « la combinaison du risque agronomique et de la pression ravageur permet d'évaluer plus précisément le risque à la parcelle ».

N.B. : Les résultats de ce sondage sont indicatifs (l'échantillon n'a pas été redressé).


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