Paroles de lecteurs Pas tous en bio !

Terre-net Média

La parution des chiffres 2018 de l'agriculture biologique, qui montrent une forte augmentation des surfaces cultivées, notamment en grandes cultures, a fait fortement réagir les lecteurs de Terre-net. D'autant que la même semaine, ils apprenaient que les aides bio seraient encore versées avec pas mal de retard ! La même semaine également, la publication de la tribune d'Éric Lenoir, paysagiste et pépiniériste, sur la transition écologique, a fait débat. Entre les risques de surproduction et de baisse des prix, le manque de moyens affectés par l'État, et les importations non soumises aux mêmes règles, on peut dire que vous n'êtes pas tous prêts à faire du bio !

paroles de lecteurs terre net pas tous les agriculteurs en bio« En bio comme en conventionnel, il faut maîtriser les volumes pour garder des prix rémunérateurs », explique Moty. (©Jan Engel, Fotolia // Création Terre-net Média) 

The germs : « De gré ou de force, nous serons tous bio dans les années qui viennent... (...) »

Pipo : « Une chose est sûre, je ne serai jamais en agriculture biologique ni maintenant ni plus tard, ni de gré ni de force. Si on imposait le bio, je disparais le lendemain faute de production à vendre... Dans les années 50, on récoltait 10 à 15 q/ha en céréales. Aujourd'hui, on est à 70 q en blé et plus de 100 q en maïs ! Convertir tout le monde au bio, c'est faire un bond de 70 ans en arrière !! Cette année, "513 000 hectares" sont cultivés en bio, soit moins de 2 % de la SAU française, et je vous prédis une baisse dès l'année prochaine en grandes cultures ! (...) »

vaulu : « On parle toujours de SAU mais jamais de tonnage. La part de l'agriculture bio risquerait alors de chuter sous les 2 %... »

The germs : « (...) La cour des comptes et le Sénat commencent à s’inquiéter, un peu trop tard, de la perte de compétitivité de l'agriculture française (l'article en lien, publié à propos de ce sujet sur Terre-net, suscite pas mal de commentaires et pourrait faire l'objet d'un prochain Paroles de lecteurs). Alors si tous les agriculteurs passent au bio... »

« Quand l'offre va dépasser la demande... »

aranaud  : « Le lavage de cerveau publicitaire du bio a pour but d'essayer de ramener les clients dans la grande distribution !! Mais quand l'offre va dépasser la demande, les rêves vont s'effondrer !!! »

Retrouvez un autre Paroles de lecteurs sur l'agriculture biologique :
Faire du bio ou non : le choix appartient aux producteurs !

Il avait été pas mal lu et commenté (78 réactions) : [Paroles de lecteurs] Bio et aides Pac − Quand les lecteurs commentent les commentaires des lecteurs

The germs : « Le magazine 60 millions de consommateurs a consacré un gros dossier à l'agriculture biologique (...), où il  rappelle que "manger exclusivement bio est une utopie pour des raisons économiques, mais aussi parce que toutes les denrées ne sont pas disponibles"! (...) »

Pipo : « Quand on dira au consommateur qu'il faut qu'il paye sa nourriture 2 à 3 fois plus cher, le bio disparaîtra, ou du moins régressera fortement... »

« En lait, les prix se rapprochent du conventionnel »

Moty : « Il est clair qu'une transition agricole est en marche. En élevage laitier, l'évolution paraît encore plus rapide : peu d'installations, de plus en plus d'éleveurs bio et des producteurs conventionnels qui arrêtent le lait à 40-50 ans. Ce sont des signes qui ne trompent pas. En Bretagne, on voit se dessiner deux types d'agriculture : des grosses structures conventionnelles qui peinent à trouver de la main-d’œuvre et des jeunes qui s'installent en bio sur de petites surfaces. »

steph72 : « On reparlera dans quelques années, l'essentiel des conversions en lait bio se sont faites pendant la crise de 2016 parce que le prix du lait conventionnel était trop bas. Trois ans plus tard, on commence déjà à s'inquiéter de la surproduction en lait bio et les prix de ce printemps se rapprochent de ceux du lait conventionnel parce que les GMS mettent la pression. »

titian : « Oui Steph72, on en reparlera. Actuellement, l'offre en lait bio est quasiment à saturation et pas mal de litres partent déjà en conventionnel. (...) Le salut pour avoir un marché porteur passe encore et toujours par la gestion de l'offre. »

Moty : « (...) En bio comme en conventionnel, il faut maîtriser les volumes de production au niveau de chaque filière pour garder des prix rémunérateurs. Et en bio, d'une manière globale, nous devons produire moins. (...) »

Bientôt, il n'y aura plus personne pour faire du bio...

The germs  : « (...) Vu la baisse des installations, qui sont loin de compenser l'afflux des départs en retraite, je ne vois pas de toute façon qui va cultiver les coquelicots dans les années qui viennent... »

Voir l'infographie interactive : L'installation agricole en chiffres

steph72 : « (...) Ceux qui veulent des coquelicots vont être servis, ils auront des friches ! On a déjà peu de jeunes qui s'installent et en voulant les obliger à faire du 0 phyto, il y en aura encore moins. (...) »

tout va bien : « Je ne suis pas d'accord. Il y a moins de jeunes qui s'installent sur des structures parce qu'elles sont devenues trop chères à reprendre (...). Mais les plus petites, en bio, ont le vent en poupe car elles sont bien moins onéreuses. (...) »

... Car il faut y mettre les moyens !

The germs : « Ce qui m'agace le plus, c'est bien l'hypocrisie de tous nos dirigeants et médias. S'ils voulaient réellement que tous les agris passent au bio, il faudrait qu'ils y mettent les moyens ! Et qu'ils ferment des frontières aux faux produits bios importés !! Au lieu de cela, ils nous parlent de transition agro-écologique, ne font rien pour stopper les groupes anti-agriculture et nous laissent seuls sur nos exploitations pour trouver des solutions afin de les maintenir à flot... Entre les céréaliers qui doivent dégager et replier leurs rampes, et les éleveurs qui doivent dégager pour fermer les abattoirs, il y en a pour tout le monde !!!  Je pense que ça va mal finir : abattoirs incendiés, agriculteurs agressés parce qu'ils pulvérisent... avec toujours le même discours de nos détracteurs : "c'est moi la victime, donc, j'ai tous les droits". Interdisons toute l'agriculture, ça ira plus vite ! Et après, ils se plaindront de manger de faux steaks... » 

Pipo : « Il ne faut pas laisser la parole à ces fous furieux qui n'y connaissent rien à l'agriculture. Je n'ai rien contre le bio, l'agriculture de conservation ou quoi que ce soit d'autre tant qu'on ne cherche pas à imposer ceci ou cela à ceux qui ne pratiquent pas ces techniques. Au début, rien est obligatoire mais petit à petit, ça le devient ! »

Moty : « Nous sommes en pleine transition agricole et sociétale. (...) Je pense que l'agriculteur doit être de plus en plus à l'écoute du citoyen (...) afin de prendre les meilleures orientations pour son avenir. Toutefois, cela ne veut pas dire se faire écraser par des pensées infondées mais accepter et rechercher le bien-fondé de certaines idées qui peuvent remettre en cause ce que l'on fait sur sa ferme. Un petit éleveur de vaches laitières heureux. »

S'orienter vers une consommation à deux vitesses ?

Doud : (...) « Dans mon coin, je vois beaucoup de passages au bio par désespoir vu les années calamiteuses que l'on subit. Personnellement, je pense que le bio doit rester réservé à une élite culturelle afin de préserver les prix (...). Je suis très inquiet sur les quantités qui seront produites alors si tous les agriculteurs passent au bio. J' ai peur d'une catastrophe pour notre autonomie alimentaire. Il me semble qu'il y a de la place pour différents types d'agriculture. Mais comment le faire comprendre à la population qui a tendance à se laisser mener par des ONG extrémistes, des élus qui pensent à leur réélection et des médias qui font la course à l'audimat. Même l'enseignement est orienté vers l'antichimie alors qu'il doit apprendre aux élèves à juger par eux-mêmes. Moi, je continue le conventionnel tant que la pression ne sera pas trop forte tout réduisant au maximum les produits phytosanitaires. »

Convertir tous les agris au bio ? Faudrait déjà verser les aides !

The germs : « Les pesticides, tu dois les supprimer tout de suite et passer rapidement au bio. Mais les aides, ce sera pour plus tard, dans trois ans peut-être... »

Milou : « Comment se fait-il qu'un tel retard ne concerne que les aides bio ? On voudrait tuer l'agriculture biologique qu'on ne s'y prendrait pas autrement ! »

Extraits des commentaires de l'article : L'apurement du versement des aides bio moins rapide que prévu

Très drôle : « L'État conseille fortement aux agriculteurs, pour ne pas dire autre chose, de se convertir au bio, mais ne verse pas les aides en temps et en heure. Il veut tuer l’agriculture française tout simplement !! »

Pipo : « Le bio aurait donc besoin d'aides ? Ça fait combien d'années que je dis qu'il faut des prix rémunérateurs, pas des primes ! »

PàgraT : « Je réprouve cette idée d'une société où seule une catégorie aisée impose aux autres, dont le premier souci demeure les fins de mois difficiles, sa vision idéaliste pour son seul bénéfice. Au lieu de porter l'ensemble de la production vers le haut, on préfère prendre le grand risque de se retrouver avec une consommation à deux vitesses : des aliments bio pour les riches et des produits d'importation pour les autres avec toutes les dérives que l'on connaît. La dernière en date : l'affaire des faux steaks hachés. L'agriculture française doit produire pour tous les porte-monnaie, en quantité pour assurer notre souveraineté alimentaire qui s'étiole depuis des années et en qualité bien supérieure au reste du monde quoi que vous en pensiez ! Je ne me soumettrai ni au diktat de l'agrobusiness, ni à celui du consommateur à qui tout est dû ! D'ici peu, l'agriculture biologique va se faire dépasser par l'industrialisation. Les agriculteurs bio auront perdu la maîtrise du marché et leur tranquillité ! »

Et sur Facebook :

post facebook engouement pour le bio (©Compte Facebook de Pierre Boiteau) 


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