Paroles de lecteurs Les couverts végétaux sont habillés pour l'hiver !

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Les lecteurs n'en parlent pas à mots couverts, c'est le moins que l'on puisse dire ! Certains jugent que les inconvénients sont plus nombreux que les bénéfices, d'autres que les couverts végétaux ajoutent encore des contraintes supplémentaires. Ce qui les agace surtout : qu'on leur impose une façon de travailler alors que chaque exploitation a ses particularités et qu'une même technique agricole n'est pas applicable partout. Une atteinte à la liberté de chacun que les plus véhéments qualifient de «  propagande agro-écologique ».

paroles de lecteurs couverts vegetaux « Si ces agriculteurs sèment des couverts végétaux, c'est leur choix, que je ne partage pas du tout tant il y a de contraintes ! », s'exclame Gibero. (©Nathalie Tiers // Création Terre-net Média) 

agri  : « OK, les couverts végétaux, c'est très bien mais il faut un minimum de travail du sol car l'agriculture de conservation ne peut pas se faire partout. Par ailleurs, la semence ne doit pas être chère. Certains mettent 100 €, c'est n'importe quoi ! Semer un couvert avant la récolte est sans doute une bonne chose. Et bien sûr, il faut bannir le glyphosate !! Si c'est trop compliqué, faut peut-être arrêter la chasse aux hectares pour faire moins et mieux, ça serait aussi pas mal !!! »

Titian : « (...) Réaliser un couvert pour le traiter chimiquement ou mécaniquement à outrance n'a aucun intérêt, j'en conviens aisément. Je préfère mon itinéraire technique au vibro même si les levées sont plus tardives, ça économise à coup sûr les tentatives de récupération désespérées à l'écroûteuse. »

Labourer ou pas ?

Steph72 : « Justement les interventions sont plus nombreuses en système classique, ce qui nécessite plus de matériel, de GNR... et restreint les marges finales. De plus, le labour ne convient pas à tous les sols. Combien en voit-on labourer et passer la herse aussitôt pour pas que ça soit trop dur à reprendre ensuite ? Chaque technique a ses inconvénients mais une majorité d'agriculteurs est persuadée que le labour est la solution. »

Lire cet article sur le travail du sol :
Les adventices, six pieds sous terre ou à fleur de sol ?

Pipo : « Dans mon coin, on ne récolte rien sans labourer au minimum tous les deux ans. »

Chaque ferme est spécifique

Phil47 :  « (...) Ce qu'il faut surtout retenir selon moi, c'est que chaque exploitation a ses spécificités, donc toutes les solutions ne sont pas applicables partout, ce que ne comprendront jamais nos politiques et surtout Bruxelles qui veulent tout uniformiser. (...) Toutefois, ce genre d'article démontre bien que l'on peut toujours modifier sa façon de penser et de travailler. Au lieu de critiquer, mieux vaut s'ouvrir l’esprit et ne pas rester dans la routine. »

Le problème majeur : les prix agricoles dérisoires

Pipo : « Modifier sa façon de penser... il y en a beaucoup qui feraient bien d'y... penser ! Le seul et unique problème, ce sont les prix bas des productions agricoles qui mènent l'agriculture à sa perte. Le reste est parfaitement accessoire. Imposer, et dans ce cas précis s'imposer, des contraintes supplémentaires, c'est augmenter les distorsions de concurrence déjà énormes avec les autres pays. »

Marre de la « propagande agro-écologique » !

Pipo : « Tout le monde fait ce qu'il veut, cela m'indiffère totalement. La seule chose qui me dérange, c'est qu'on nous abreuve de cette propagande agro-écologique en laissant entendre, quasi systématiquement par un moyen ou un autre, que les agriculteurs travaillent mal depuis toujours... »

Retrouvez le Paroles de lecteurs : Peu motivés par la nuit de l'agro-écologie

Gibero : « Pleinement d'accord avec vous Pipo. Marre de ces reportages axés vers cette pseudo écologie (...). Je peux vous dire que chez moi en Charente, tous ceux qui font des couverts s'en mordent les doigts. Les effets sont bien souvent plus négatifs que positifs. Si ces agriculteurs en sèment, c'est leur choix, que je ne partage pas du tout tant il y a de contraintes ! Et des contraintes, y en a assez comme ça !! »

Titian : « Bien sûr que les couverts végétaux ont leurs inconvénients : difficulté de destruction, "faim" d'azote parfois... Une bonne fois pour toute, aucun système agricole n'est parfait et c'est vrai que ça devient irritant de parler sans cesse d'agro-écologie. D'ailleurs, je n'aime pas ce terme car la signification du mot écologie est dévoyée. L'agriculture, comme les couverts végétaux, ont besoin de diversité pour être source de progrès. Je pratique moi-même le semis direct sous couvert végétal sur la totalité de mon assolement et je n'ai pas envie de revenir à ce que je faisais avant, tant les avantages sont prépondérants dans mon contexte. Cependant, il ne me viendrait pas à l'idée de penser que je suis meilleur que mes collègues. (...) »

Et de « se voir imposer une façon de travailler »

agridemain : « Pipo, tu parles de "propagande pour l'agro-écologie", mais déjà arrête d'en faire pour ton système, il n'est pas mieux que les autres. Chacun voit midi à sa porte ! »

Pipo : « En aucun cas, je ne fais de propagande pour mes pratiques. Je dirais plutôt que c'est de l'anti-propagande avant que l'agro-écologie ne devienne obligatoire pour tous ! C'est comme ça que ça fonctionne en France, on propose ceci et cela en faisant une immense campagne de communication et avec des mesures optionnelles qui, un jour, sont imposées à tout le monde ! On généralise les politiques et les dispositifs agricoles,  au premier rang desquels la Pac, alors que l'agriculture est diverse par ses exploitations, ses productions, ses sols, ses micro-climats, etc. »

Titian : « Pipo, je comprends très bien ton ressenti par rapport à l'avalanche de réglementations et de normes auxquelles les agriculteurs doivent se conformer. Par contre, tes critiques s'appliquent à l'A2C depuis très peu de temps. Au départ, seuls les agris en faisaient la promotion. Aujourd'hui, le semis direct, le vrai, a quand même du plomb dans l'aile avec la "glyphophobie" ambiante. Pas la pseudo agriculture de conservation qui prétend faire beaucoup mieux que le labour avec trois coups de déchaumeur espacés d'un mois... »

Pipo : « Pour compléter, je reste, et c'est pas prêt de changer, très sceptique sur les soit-disant "nouvelles techniques agricoles" qui, en réalité, n'en sont pas : A2C, SDSC, TCS 100 %. J'ai un exemple concret cette année. Je viens de faire un tour de plaine dans le coin (une vingtaine de kilomètres autour de chez moi) : mon maïs est le seul levé. Sur 0,5 ha qui n'étaient pas labourés, j'ai juste passé un coup de vibro. Et là, le maïs, semé le même jour, n'est pas encore levé. Tout ça pour dire qu'il y a beaucoup trop d'intervenants gravitant autour des exploitants agricoles qui s'imaginent révolutionner l'agriculture en retournant au 19e siècle. »

Maxens : « (...) Je suis globalement d'accord avec Pipo, ras-le-bol de se voir imposer à tout va, de façon latente, telle ou telle façon de travailler, soit-disant la meilleure, sans tenir compte ni du type de terre, de sa richesse ou non, ou ni de l'expérience des générations précédentes (...). Les techniques culturales sont en constante évolution : celles qui sont à la mode actuellement seront peut être ringardes d'en 50 ans. Un reportage comme celui-ci est intéressant à titre informatif mais leur multiplication devient lassante, qui plus est avec l'agribashing dont les agriculteurs font l'objet actuellement. »


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