Paroles de lecteurs Beaucoup d'agriculteurs ne veulent pas sortir du glyphosate

Terre-net Média

Le lancement, par le gouvernement, d'un site internet pour encourager les exploitants agricoles à sortir du glyphosate a fait immédiatement réagir les lecteurs de Terre-net. Il faut dire qu'une dizaine de jours avant, ils avaient appris que des traces de cette substance avaient été recherchées dans les cheveux de près de 150 citoyens européens à la demande des députés écologistes. Et qu'un soit-disant faux groupe d'agriculteurs, "Agriculture et liberté", défendaient de manière déguisée le glyphosate alors que c'était une fake news. Trop, c'est trop !

paroles de lecteurs glyphosate  « Ce qui me dérange le plus c'est qu'on veut nous imposer des façons de produire qui sont loin d'être vertueuses et durables », fait remarquer Gibero. (©Hendry, Maria Schmitt, Fotolia//Création Terre-net Média) 

Titian  : « Un ramassis d'inepties ce site, déjà sur la faisabilité et surtout la durabilité du semis direct sous couvert végétal sans chimie et sans glyphosate. Un truc fait à l'arrache avec des témoignages tronqués, sans même l'accord des intéressés (...) avec une carte et un compteur pour stigmatiser les récalcitrants. »

Lucide : « Je conseille aux agriculteurs concernés de porter plainte pour la forme, à défaut de se lancer dans une véritable procédure. »

Antibio : « Allez-vous réagir les agris ! (...) Ce site du gouvernement se fout vraiment de vous en décrivant une agriculture de conservation qui n'utilise pas de glypho. »

www.glyphosate.gouv.fr : « un ramassis d'inepties qui stigmatise l'agriculture »

Intruder : « Encore un truc à la c..., pondu par des écolos complètement illuminés ! »

The germs : « Ce site internet, du même type que ceux pour lutter contre le tabac ou l'alcool, montre à quel point ceux qui nous gouvernent ont une vision erronée de note métier. Nous ne sommes pas des "drogués"... »

Tlecomte : « Diviser pour mieux régner, telle est la devise de Macron. »

Titian : « C'est clair que ce site est fait pour pousser à la division et à la haine. Ne tombons pas dans le piège ! »

résidus de phytos dans les cheveux, groupe "Agriculture et liberté" : #stopfakenews !

Nicolas :  « Que l'on s'inscrive tous sur le site "agriculture et liberté" (site d'un faux groupe d'agriculteurs défendant le glyphosate, selon une info du quotidien britannique The Independant, reprise par RMC, NDLR) et l'on verra qu'il y a des milliers d'agriculteurs qui n'ont pas envie de voir disparaître le moins dangereux de tous les herbicides ! »

Chrislait : « Les radios ne diffusent que mensonges et calomnies ! »

Pierre : « RMC aurait mieux fait de débattre sur le fait que ce groupe soit financé par des phytos, au lieu de monter une fausse info sur des exploitants agricoles fantômes ! »

Roland : « Si les médias répandent des informations incomplètes ou erronées, cela ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur nos pratiques et, à partir de là, de chercher à les modifier, que ce soit en culture ou en élevage. »

« Oui à la suppression du glyphosate » pour certains

Thilobis  : « "Nous travaillons en lien avec la nature, précise Christophe Naudin". Mais il utilise du glyphosate. Il vaut mieux lire cela que d’être aveugle... Cet agriculteur n’a rien compris et joue le jeu d’un géant dont je ne citerais pas le nom ! »

JFK : « Il faut interdire le glyphosate au plus vite pour que l'agronomie reprenne le dessus sur la chimie et la compétence sur la négligence. S'il fallait faire un procès à tous ceux qui mentent et diffament en faveur de cette molécule, les tribunaux seraient engorgés et Monsanto/Bayer en faillite depuis longtemps. »

Rodger : « Être dans une impasse ne justifie pas de mettre en danger la santé des citoyens, ni d'empoisonner les sols. Les produits phytosanitaires posent problème depuis 40 ans, il serait temps de sortir la tête du bac à sable qui élimine en premier lieu les agriculteurs eux-mêmes... »

Fléau : « Il faut arrêter l'utilisation à tout va de ce pesticide cancérigène et surtout pas cher, d'où des applications complètement inutiles, par temps sec et pour détruire quelques repousses de colza. Du grand n'importe quoi ! Son prix devrait être multiplié par quatre pour une utilisation responsable ! »

« Aucune alternative qui tienne la route économiquement et techniquement »

Titian : « Que les gens qui ont mis des pousses rouges expliquent comment faire du semis direct sous couvert végétal dans la durée sans glyphosate ! »

Phil47  : « Ben comme d'hab, on laboure. » 

PàgraT : « Ben comme d'hab, pour relancer l'érosion et brûler du gasoil... »

Titian : « La principale alternative au glyphosate qui tienne la route, c'est en effet le travail du sol. Un peu fort de café de promouvoir la consommation de fuel en pleine crise des gilets jaunes ! »

Maxens : « Au prix où va être le GNR, il sera impossible d'employer des solutions mécaniques ! C'est le double effet "Kiss Cool" ! »

Steph72  : « Qu'est-ce qu'ils y connaissent en agronomie, tous ces donneurs de leçons ? On nous parle sans cesse de réchauffement climatique et l'interdiction du glyphosate va entraîner une hausse de la consommation de carburant à cause de la multiplication des passages d'outils. »

Steph18 : « Le changement climatique mettra tout le monde d'accord : agriculture de conservation, conventionnelle et biologique. Quand le sol et le climat sont contre vous, vous pouvez toujours essayer de semer. Quand il fait trop sec, c'est impossible de rentrer un outil dans le sol. Et quand il y a trop d'eau, aucune machine ne peut pénétrer dans les parcelles et certains n'ont plus que le broyeur pour faire la moisson. »

Titian : « Économiquement, ça ne tient pas et techniquement, non plus ! Les couverts végétaux sont des techniques complémentaires et pas de vraies alternatives malheureusement ! Seul le labour en est une. Par contre, il ne vaccine pas contre quelques vivaces comme le chiendent (...). Et objectivement, il y a des endroits en France (mauvaises terres, pentes, aléas climatiques à répétition) où il vaudrait mieux l'oublier. »

Ni accompagnement

Éleveur 26 : « Selon moi, c'est possible techniquement sans labour et sans glypho (derrière des prairies temporaires de quatre ans par exemple, avec un sorgho ou sarrasin en interculture) (...) à condition d'accompagner la transition... Là, y a rien !  Aucun appui technique, financier... La suppression de l'aide au maintien en bio ne va pas aider. »

Labulle : « En 20 ans, j'ai utilisé 20 kg de glyphosate, sur 70 ha de grandes cultures. Mon secret : l'emploi de la charrue (mais pas n'importe comment !), mais également des assolements longs et alternant des cultures dérobées à l'automne et au printemps. Résultat : plus du tout d'antigraminées, ni d'insecticides et très peu de fongicides. Évidemment sur 700 ha, c'est plus facile de simplifier avec des matériels larges et rapides et du glyphosate ! »

L'agriculture de conservation, dépendante d'une seule molécule, est-elle durable ? 

PàgraT  : « Vous feriez bien de vous renseigner sur l'agriculture de conservation des sols et tous ses bienfaits sur l'environnement : stockage de carbone dans le sol, diminution conséquente de la consommation de carburant, lutte contre l'érosion, développement de la vie du sol, augmentation de la réserve utile, meilleure efficience de la fertilisation, forte réduction des traitements phytos, en particulier les plus nocifs. (...) »

Gibero : « L'agriculture de conservation n'en a que le nom tant elle est dépendante du glyphosate. Elle dessert les systèmes de production qui utilisent le labour et des assolements réfléchis. »

Rouvroy : « Coupable de me servir d'une charrue depuis 20 ans, je me rends compte que l'agriculture de conservation se retrouve échec et mat par le retrait d'une seule molécule chimique. Le meilleur peut être l'ennemi du bien... »

Arnaud0203 : « Il faudrait me démontrer la durabilité d'un modèle ultra dépendant d'une substance en particulier. M. Naudin, quand vous êtes interviewé dans le JT de TF1, vous dites que votre système est parfait et que ceux qui travaillent le sol ont tort. Mais vous omettez de préciser votre dépendance au glyphosate. Un peu gêné de cette réalité ?? »

Titian : « L'A2C est déjà bien compliquée alors sans chimie, c'est mission impossible même avec une super rotation et de fantastiques couverts végétaux. »

Oregrain : « Les adeptes de l'agriculture de conservation n'ont jamais hésité à se définir comme plus vertueux que les autres agris. L'utilisation du glypho n'était que rarement évoquée, voire minimisée. Aujourd'hui, l'impact de la suppression annoncée de cette molécule montre que l'A2C n'est peut-être pas aussi parfaite qu'on nous l'a expliqué à longueur d'articles depuis 10 ans. »

Encore un prétexte pour dériver sur le bio

Hub : « Je serais curieux de savoir ce qu'on ressent quand on quitte ses 2 ha de maraîchage bio pour sauter sur son pulvé et balancer du glypho sur les autres parcelles de sa ferme ??? »

Djoub83 : « Hub, je gère tout le maraîchage en manuel avec des bâches posées sur des gros couverts, donc pas besoin de glyphosate. Maintenant, si tu veux m'aider à bâcher les 113 hectares de ma ferme céréalière, je suis preneur ;-) Je n'ai aucun scrupule à passer du bio au conventionnel. J'essaie de mener au mieux chaque atelier de mon exploitation agricole. On devrait même autoriser l'emploi de 2 l/ha de glypho et 60 unités d'azote de synthèse en bio, ça ne ferait pas de mal au bilan carbone ! »

m.carnel : « C'est sûrement que l'on a compris que le glyphosate n'est pas plus mortel que le bio et que les deux peuvent très bien cohabiter. »

PàgraT : « En AB, on utilise également des pesticides, certes plus naturels, mais des pesticides quand même. »

Les consommateurs ne sont pas tout blancs non plus !

Darius : « Pour ne plus employer de produits phytosanitaires, il faut que les consommateurs acceptent de manger des produits imparfaits. Comment voulez-vous faire avec cette exigence de perfection, y compris dans bio ? »

Chrislait : « Étonnants ces Français qui ne supportent pas que les agriculteurs utilisent des "médicaments" pour les cultures et l'élevage alors qu'ils sont dans les plus grands consommateurs de médicaments au monde !!! »

Gibero : « Et si on faisait un petit tour dans leur maison, histoire de voir tous les pesticides et produits ménagers qu'ils utilisent en grandes quantités sur de petites surfaces. Au contraire de l'agriculture... »

Écolo 10 : « On veut interdire le glyphosate, alors pourquoi ne pas interdire toute la chimie dans l'alimentation ? Le glyphosate est moins nocif que toutes les substances cancérigènes que l'industrie agroalimentaire met dans ses produits. »

Steph72 : « Et en plus, nos concitoyens sont bien contents de nous trouver pour épandre les boues des stations d'épuration, bien plus toxiques pour les sols que le glypho. Chers collègues, refusez les boues de ces ingrats qui pensent que les agriculteurs sont des pollueurs ! »

Chrislait : « Ah oui, sortir du glyphosate... Et continuer d'importer des denrées qui en contiennent, mais aussi du soja et du maïs OGM... J'adore la cohérence de nos représentants politiques et la clairvoyance de la société. »

NH 17 : « La commission européenne a autorisé cette année l'importation de maïs OGM tolérant au glyphosate et nous demandent en même temps de faire une agriculture presque bio. Elle ne se foutrait pas de notre g... par hasard ? Évidemment que les consommateurs sont de plus en plus exigeants, on leur bourre le crâne à longueur de journée en leur disant qu'il n'y a que le bio qui compte. Ce qu'on oublie de leur dire, c'est qu'il falloir sortir le portefeuille et là on va rigoler... »

Maxens : « Si nos dirigeants politique avaient des c.... et interdisaient ces importations, les Français auraient très vite faim et se poseraient les bonnes questions. »

Sylvain : « Ce gouvernement aurait-il oublié que bon nombre d'exploitations sont au bord du gouffre, essentiellement à cause des prélèvements de plus en plus importants ? Il veut supprimer le glyphosate, mais qui va payer le surcoût (plus de gasoil, achat de matériel spécifique, implantation de couverts végétaux...) ? Il serait bon aussi qu'il prévienne les Français qu’ils continueront à trouver du glyphosate un peu partout, puisque que notre pays continuera à importer en masse des produits venant d’Argentine, du Brésil, du Canada et des USA, qui eux utilisent des semences glypho-résistantes, leur permettant de traiter 15 jours avant la récolte. Pourquoi pas interdire le glyphosate mais que l'État nous donne les moyens d'y arriver et arrête de tirer une balle dans le pied de notre agriculture sous prétexte d’être exemplaire. »

Pipo : « Faut arrêter de croire aux miracles faciles. Je cultive une grande surface et du glypho, je n'en utilise pas beaucoup. Une fois tous les deux-trois ans... De plus, il n'est pas miraculeux sur les vivaces. Ce n'est pas ce produit qui met notre vie en péril mais les prix de vente ridicules de nos productions et la concurrence déloyale qu'on importe en masse (...). Pourquoi faut-il travailler de plus en plus vite pour que ça coûte le moins cher possible ? Parce que les prix des produits agricoles sont dérisoires ! »

« Et on nous parle de lutte contre les discriminations... »

Darius : « Nous faisons un métier passionnant mais aujourd'hui, on nous bafoue, on nous accuse de tous les empoisonnements. Regardez dans nos campagnes combien de terres sont abandonnées... Si la France est belle aujourd'hui, qu'en sera-t-il après la disparition de l'agriculture. Réfléchissez bien à ceci. »

Titian : « Les produits phytos ne sont qu'un prétexte de plus pour taper sur le bouseux hexagonal. »

Karine Oswald-Poulet via Linkedin : « (...) Si on trouve des molécules interdites en agriculture, cela signifie qu'elles sont employées ailleurs qu'en agriculture alors que la plupart des médias laissent entendre que les agriculteurs ne respectent pas la réglementation. C'est fou de considérer systématiquement une catégorie entière de la population de façon aussi négative. Et on nous parle de lutte contre les discriminations... »

Anaël Bidard via Linkedin  : « Et oui, les pesticides interdits en agriculture nous contaminent, parce qu'ils ne sont pas interdits dans les meubles, tapis, moquettes, vêtements, produits anti-mouches, etc. Les risques sont beaucoup plus forts, mais le réflexe est de dire que c'est la faute des agriculteurs. Peu importe la réalité, la science, les essais, les agences sanitaires. Pour certains, le débat est tranché par la logique d'un raisonnement simpliste : si c'est pas naturel, c'est mauvais... »

Stéphane Étienne : « Quand les politiques et les médias généralistes arrêteront-ils de détruire l'agriculture française ? Ils ont déjà éliminé la sidérurgie, le textile, l'industrie automobile, etc. (...) Un pays en bonne santé économique ne vit pas que du tertiaire ! »

PàgraT  : « Nous en avons assez de ces gens qui croient tout savoir et qui, en réalité, ne connaissent rien à l'agriculture et sont manipulés par des ayatollahs verts et des médias en quête de sensation pour vendre leur "papier". Nous, agriculteurs, savons pertinemment que nos pratiques doivent être plus vertueuses et ne vous en déplaise, le glyphosate nous y aide ! »

« Ne nous divisons pas, restons solidaires !

Titian : « L'affaire du glyphosate va créer durablement un précédent, avec des approches plus idéologiques que de réelles analyses scientifiques, honnêtes et proposant des compromis. » 

m.c : « Ne nous divisons pas, restons solidaires ! Si, aujourd'hui, votre système est durable avec l'utilisation du labour, c'est une très bonne nouvelle, nous devrions mettre en avant la diversité de l'agriculture et pas l'inverse. Dans les terrains fragiles ou les coteaux, le glyphosate s'est avéré bénéfique en remplaçant le labour. (...) Un jour peut-être, le travail du sol aussi sera interdit dans certaines zones pour limiter l'érosion ou le réchauffement climatique... »

Titian : « Ce genre d'interdiction est dans les cartons. Elle est déjà en vigueur aux États-Unis. (...) Dans mon cas, je peux plier boutique. »

Gibero : « Il existe plusieurs façons de produire (le bio, l'A2C, le conventionnel). Je suis toujours en conventionnel, un mode de production où quantité et qualité assurent la paix sociale et nous préserve des émeutes de la faim. Je préfère passer deux fois de plus le cultivateur que d'utiliser à outrance le glyphosate. (...) Ce qui me dérange le plus c'est qu'on veut nous imposer des façons de produire (bio ou A2C) qui sont loin d'être vertueuses et durables. »

Titian : « Attention, Gibero, de ne pas tomber toi aussi dans le panneau de la division. Aucune forme d'agriculture n'est parfaite, c'est le message qu'il faut marteler. On doit tous faire des compromis et l'avenir est sans doute un mix de techniques. C'est par la diversité et surtout les expériences des uns et des autres que le progrès arrive. Je suis en agriculture de conservation et je n'aime pas trop ce terme et encore moins celui d'agro-écologie. Je préférerais agriculture de restauration des sols ou agriculture durable. Ou mieux encore, semis direct sous couvert végétal, qui a le mérite d'être plus explicite. »


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